Contagieux, le dopage

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Une fois de plus, une vedette de la scène sportive s’est fait éclabousser par des allégations de dopage. Le débat est relancé à savoir si un athlète peut dominer son sport sans avoir recours à ces substances. Une fois de plus, c’est la foi des partisans qui écope.

Récemment, la joueuse de tennis Maria Sharapova a joint les rangs de la sombre liste des athlètes internationaux ayant fait usage de drogue illégale. Cette fois, c’est un médicament en lien avec des problèmes de diabète qui en est la cause. En fait, ce produit permettrait aux athlètes d’augmenter leur capacité à l’effort. À la défense de la Russe, qui consomme ce médicament depuis 2006, le produit est interdit par la Fédération internationale de tennis depuis le 1er janvier 2016. Certes, ce fait ne diminue en rien la culpabilité de la joueuse puisqu’il appartient aux athlètes et aux différentes organisations de se tenir au courant en tout temps quant aux règlements en vigueur. Alors que plusieurs croyaient que Sharapova tenait un point de presse afin d’annoncer sa retraite, les déclarations émises furent toutes autres. Elle n’a nié aucun fait et s’est encore moins camouflée derrière des excuses bidons comme le font une pluralité de contrevenants. La 7e joueuse mondiale au dernier classement de la WTA a accepté ses torts et a fait preuve d’honnêteté et de courage dans une situation où plusieurs se sont, pour reprendre une expression populaire, « enfargés dans les fleurs du tapis ». Paradoxalement, cette déclaration de la Russe n’a pas eu que des effets négatifs. Malgré que quelques uns de ses commanditaires se soient retirés, certains ont décidé de prolonger leur engagement avec la joueuse, notamment l’entreprise Head. Qui plus est, les ventes du médicament proscrit, le meldonium, ont bondi en flèche la semaine suivant le point de presse. Le malheur des uns fait le bonheur des autres semble-t-il.

Sharapova est loin d’être la seule à avoir dû composer avec de telles allégations. Quelques tristes cas célèbres ont parsemé l’univers du sport ces dernières annéesL Geneviève Jeanson, cyclisme, Canada. Marion Jones, athlétisme, États-Unis. Alex Rodriguez, baseball, États-Unis. Lance Armstrong, cyclisme, États-Unis. Ben Johnson, athlétisme, nationalité canadienne et originaire de la Jamaïque. Sans oublier les Tyson Guay, Manny Ramirez, Tim Montgomery et les nombreux cas répertoriés dans le football américain. À la lumière des répercussions négatives subies par ces athlètes, il est permis de se demander si le jeu en vaut la chandelle.

Pour une pluralité d’athlètes, se doper apparaît comme une nécessité afin de performer. Lorsque certains sportifs sentent que leurs chances d’appartenir à l’élite diminuent, notamment en début de carrière, cette alternative émerge comme étant la seule voie possible afin d’atteindre le sommet. Il s’agit d’un moyen rapide et efficace de parvenir à leurs fins. Dans le même ordre d’idées, certains athlètes possèdent un désir de gagner tellement puissant qu’ils ne veulent rien laisser au hasard. Ainsi, à la manière d’un toxicomane, ils privilégient l’instant présent au détriment des impacts potentiellement néfastes pour le futur. Dans le début de la vingtaine, les sportifs sont souvent à l’apogée de leurs capacités physiques. Lorsqu’ils vieillissent et qu’ils sentent que les plus jeunes veulent prendre leur place, les substances illicites apparaissent alors comme une solution à leur ralentissement. Les records, les titres, les championnats, la gloire, la reconnaissance, les commanditaires, l’attention médiatique, plusieurs ne peuvent s’en passer une fois qu’ils y ont goûté. Tout sport confondu, il n’y a qu’une seule et unique première place et c’est dans la nature des athlètes de vouloir l’atteindre. Cependant, certains ont recours à des moyens éthiquement discutables.

Qu’il s’agisse de jeter le blâme sur les autres ou encore de nier les allégations, il existe mille et une excuses afin de dénouer l’impasse entraînée par des accusations de dopage. Lorsqu’une vedette tombe, une autre s’impose et le cirque continue. Malgré tout, les partisans de tous les sports continuent de porter foi en leurs athlètes favoris. Pourquoi ? Parce que le sport permet de rêver. Parce que les relais à l’arrêt-court de Derek Jeter ne seront jamais ternis. Parce que les prouesses de Martin Brodeur ne sombreront jamais dans l’ombre. Parce les 1283 buts du célèbre Pelé ne seront peut-être jamais égalés. Parce que… Vous voyez où je veux en venir ?

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