Au temps de l’inconnu

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À toi, cher étudiant, qui durant tout le temps des fêtes, s’est fait demander quel était ton plan ultime après tes études universitaires. Ce message est pour toi. À toutes les réunions sociales auxquelles tu as dû aller, parents, tantes, oncles, grands-parents et mêmes amis t’ont posé cette fameuse question. Chaque fois qu’on t’a interrogé sur le sujet, tu as hésité quoi leur répondre.

Tu sens qu’on t’impose, sans trop s’en rendre compte, une certaine normalité. Très tôt sur les bancs d’école, tu te fais répéter qu’il faut t’orienter, faire ton choix de carrière. Tu dois choisir ton domaine, te spécialiser dans une compétence ou continuer à la maîtrise. Ensuite, vient le temps de te cibler un emploi dans une compagnie qui se distingue ou bien de te lancer à ton compte. Vient finalement la rencontre de ta douce moitié, l’achat de ta première maison et le moment de fonder une famille.

C’est le cheminement que tous te souhaitent, ou du moins, c’est la réponse qu’ils veulent entendre.

Tu perçois donc la fin des études universitaires et le parcours qui s’ensuit comme dictés d’avance. Alors, toutes les fois qu’on te pose la question, tu te tournes vers ces fameuses réponses classiques, telles que diplôme, maison et famille, pour ne pas offusquer qui que ce soit. Tu as peur de déplaire à tes parents, qui eux, viennent d’une génération anxieuse vis-à-vis l’instabilité amoureuse, d’emploi et j’en passe. En réalité, ce dont tu as envie est tout autre qu’une réponse qui suit ce chemin ma foi si conventionnel. La nuance entre le verbe devoir et vouloir te saute aux yeux, te prend à la gorge. Tu souhaites affirmer le glorieux « je ne sais pas ».

Tu ne sais pas. Tu ne sais pas si tu as envie d’affronter le marché du travail suite à tes études. Tu as peut-être envie de voir le monde. Tu ne sais pas si tu as envie de partager ta vie avec quelqu’un. Tu es peut-être bien seul. Tu ne sais pas si tu as envie de fonder une famille. Tu as peut-être l’envie d’être carriériste.

Au fond, tu n’as pas envie d’avoir une « marche à suivre », d’emprunter la même route que tous les autres. Ce qui t’intéresse, c’est vivre au jour le jour, profiter du moment présent. En d’autres mots, tu veux tout simplement ne pas avoir de plan, de là provient ton « je ne sais pas ».

Pourtant, on te demande d’innover tant sur les bancs d’école qu’au travail. On te demande te démarquer par ta personnalité. On te laisse penser qu’il est bon d’être différent. Comment tout ça est-il possible si tous doivent suivre le même parcours ?

Incompréhension totale, me diras-tu.

Sache que ce n’est pas parce que ceux avant toi ont choisi cette route que c’est forcément celle qui te convient. Malgré ce que plusieurs prétendent, il est important que tu saches que ces étapes préchoisies ne sont pas des buts prédéfinis. En tout cas, pas pour tout le monde. Parce que la vague du « wanderlust » des temps d’aujourd’hui n’est peut-être pas uniquement le fait de partir à l’aventure vers d’autres continents, mais aussi de te laisser guider par tes intuitions, tes envies au quotidien.

La prochaine fois qu’on te posera une question sur tes plans futurs, tu répondras ce qu’il te plaît.

Parce qu’après tout, tu n’as qu’une seule vie. Aussi bien la vivre à ta façon.

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ART DE VIVRE

Commentaire

  • Salut stéphanie! Je ne sais pas comment te le dire, mais tu as vraiment une belle plume! J’adore te lire. Si tu veux jaser, rentres en contact avec moi, ne te gênes surtout pas.

    Maude 23 février 2016 18:32 Répondre

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