Chasser pour sauver les espèces

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Récemment, le président Donald Trump a décidé d’annuler une décision votée en 2014 par Obama. Dorénavant, les chasseurs qui voyageront au Zimbabwe et en Zambie auront le droit d’importer des trophées d’éléphants, plus précisément leurs défenses. Les avis sur cette décision sont particulièrement mitigés. Pourtant cette activité, communément appelée « chasse aux trophées », voit sa popularité augmenter d’année en année.

En fait, la chasse aux trophées est légale dans une vingtaine de pays africains, dont la Zambie, l’Afrique du Sud, le Mozambique et la Namibie. La plupart de ces pays ont installé des réserves naturelles pour y élever des animaux en danger d’extinction. Un article du magazine National Geographic mentionne en effet qu’il existe une réserve en Namibie qui invite les chasseurs à venir traquer de gros gibiers dans leur habitat naturel. Les chasseurs paient donc des milliers de dollars pour avoir des trophées provenant de lions, d’éléphants, de buffles et plusieurs autres, les prix variant selon la rareté de l’animal.

La chasse aux trophées est un sujet délicat. Plusieurs ne savent pas encore où se positionner dans cette problématique. Cette chasse est bénéfique pour plusieurs pays puisque, comme déjà mentionné, les chasseurs paient de gros montants pour avoir l’occasion de chasser des bêtes exotiques. Selon les informations récoltées par National Geographic, « l’apport des chasseurs dans les régions de l’est et du sud de l’Afrique serait de 112 millions (d’euros) soit 0,3 % de sin PIB ». Peu importe le pays, la chasse aux trophées rapporte énormément d’argent. Le montant payé par les chasseurs est envoyé à des organismes de conservation de la faune et sert aussi à financer des milices qui luttent contre le braconnage. De plus, les traqueurs ne gardent que des trophées de leur proie, soit la fourrure, les défenses, la tête ou les griffes. Ce qui veut dire que la viande de l’animal est offerte à la population des pays africains.

Pour ces raisons, la chasse aux trophées semble être justifiable, mais plusieurs défenseurs des droits des animaux et de nombreux scientifiques s’opposent à cette pratique. Dans les réserves fauniques, les chasseurs priorisent les animaux plus vieux. Par exemple, de vieux éléphants mâles sont chassés puisqu’ils sont considérés comme inutiles. Les chasseurs se défendent donc en disant qu’ils ne nuisent pas à la reproduction de l’espèce pour la simple raison qu’ils n’attaquent pas les jeunes adultes ou les bébés. Toutefois, pour ce qui est des éléphants, la présence de vieux mâles est importante parce que leur rôle est de décider des déplacements du troupeau et ils mettent un terme aux conflits pouvant survenir entre les jeunes mâles.

Les traqueurs défendent la chasse aux trophées en mentionnant une autre raison. En investissant l’argent amassé dans la protection de l’espèce et en ne s’en prenant qu’aux animaux plus vieux, les chasseurs soutiennent que leur activité est importante pour la survie durable de l’espèce. Des montants sont effectivement remis à des organisations pour la protection de la faune. Toutefois, il n’y a pas de suivi sérieux et donc aucune garantie que les organisations reçoivent véritablement cet argent ou du moins reçoivent entièrement le montant dû. De ce fait, si l’argent n’est pas reversé aux réserves fauniques, les animaux disparaissent progressivement. C’est ce qui arrive présentement en Tanzanie. Environ 40 % des réserves sont entièrement vides parce qu’elles ne reçoivent aucun financement.

Les défenseurs des droits des animaux sont totalement outrés par cette activité puisque plusieurs animaux chassés sont en voie d’extinction. Plusieurs d’entre eux sont donc élevés dans les réserves. Cependant, comme c’est le cas avec les lions en Afrique du Sud, ils ne sont pas élevés pour ensuite être remis en liberté. Dans la plupart des cas, ils sont élevés pour être traqués par les chasseurs de trophées. 6000 lions grandissent dans des enclos pitoyables afin d’être, en fin de compte, mis à mort. Cette situation met les défenseurs des animaux et les scientifiques hors d’eux-mêmes. En Afrique du Sud, 2000 lions vivent à l’état sauvage, ce qui est très peu. Avec le nombre de lions élevés dans les réserves, l’espèce pourrait tranquillement voir sa population croître à nouveau. Pourtant, une grande majorité des individus sont tués pour le simple plaisir des humains.

La chasse aux trophées est très appréciée des populations africaines puisqu’elle rapporte énormément d’argent. Toutefois, contrairement à ce que disent les chasseurs, cet argent ne semble pas être dépensé dans le but de protéger les nombreuses espèces en danger, mais sert davantage à aider les communautés humaines. La chasse aux trophées est règlementée, mais le problème n’est pas dans les lois établies. Il se trouve plutôt dans le manque de garantie de l’acheminement de l’argent amassé dans des organismes de protection des espèces. Malgré tout, il est assez étrange, peut-être même illogique, de devoir tuer des animaux pour leur survie, particulièrement des animaux menacés. La chasse aux trophées est-elle réellement une solution ou serait-ce plutôt une forme de braconnage prônant une cause en apparence bienveillante?

Crédit photo couverture : http://www.congo-autrement.com/blog/rdc-tourisme/braconnage.html

Révisé par : Amélie Farré

Catégorie de l'article:
CULTURE

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