Communication 2.0

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Étudier en communication, ce n’est pas seulement apprendre les bases du métier de communicateur, c’est apprendre l’impact qu’ont les communications, comment les gérer et les exploiter. Toutefois, la barrière est mince entre le contenu acceptable à la publication et le contenu acceptable socialement. Même s’il est extrêmement important de respecter cette barrière, certains journaux semblent en avoir une compréhension plutôt faible.

Ce n’est pas nouveau, la controverse fait vendre. Rien n’apporte plus de lecteurs qu’un bon vieux dilemme éthique. Que ce soit parce que les propos portés par l’auteur sont en accord avec nos valeurs ou à l’inverse, qu’ils les piétinent totalement, un article ou une publicité qui interpelle vos opinions vous portera à la lecture.

Toutefois, bien qu’il puisse, pour certains, sembler évident que leurs écrits ne seront pas pris au sérieux, que c’est de l’exagération évidente, il faut faire attention. Oui, un article écrit sur un ton sarcastique peut être très drôle quand on sait manier le sarcasme. Oui, quand on veut divertir, il faut exagérer, se mettre dans la peau d’un personnage. Par contre, tout cela a une limite que certains franchissent avec un plaisir dérangeant, au point où on en vient à être sidéré devant des propos qu’on ne peut imaginer être énoncés en 2016.

2016, pour moi, c’est la tolérance. C’est l’égalité des sexes, de religion, de croyance et surtout, c’est le respect. J’ose croire qu’avec l’ouverture sur le monde que nous offrent le Web et les autres médias, on est un peu plus ouvert aux autres, qu’on se comprend un peu mieux.

Et un beau jour, j’ouvre mon ordinateur et je tombe sur des chroniques tout droit sorties du 19e siècle : misogynes, racistes, archaïques et haineuses à souhait. Un gros merci à ces êtres tels que Richard Martineau et Denise Bombardier qui me découragent de plus en plus.

Oui, je comprends, c’est pour faire réagir. Oui, je sais, votre opinion n’est probablement pas aussi extrêmement merdique. Malgré tout, en tant que personnalités publiques, vous vous devez de répandre des messages qui font un minimum de sens.

Parce que oui, une personne raisonnablement instruite ayant un minimum de jugement comprend que ce que vous publiez ne fait pas de sens. Qu’à la limite, même si l’opinion qui est derrière tout cela est merdique à la base, ce n’est pas nécessairement aussi intense que ce que vous exposez dans vos articles. Toutefois, vos messages de haine, il y en a qui les suivent. Il y en a même qui les prêchent.

Comment croyez-vous que Ti-Clin, homme aux idées obsolètes et bordeline racistes, au fond de son rang, dans le fond du Québec réagit à vos chroniques ?

YES ! Enfin le Journal de Montréal dit les vraies affaires. Les vraies affaires ? Vraiment ? Lui, il prend ça au sérieux le Journal de Montréal. Faque même s’il n’a jamais vu un musulman de sa vie, si le « grand » Martineau, la vedette, dit que c’est tous des bombes sur deux pattes, et bien c’est vrâ. Il doit bien avoir raison lui,

Il n’a jamais vu un musulman ailleurs qu’à la télévision, mais vous êtes publiés à grande échelle, donc vous avez raison.

C’est facile de convaincre les gens quand on est publié à grand tirage. C’est encore plus facile quand les personnes sont prédisposées à nous croire. Ce n’est pas tout le monde qui est informé de la même façon. C’est encore moins tout le monde qui s’informe correctement. Alors, il faut faire attention. Même si votre job c’est de rire du monde. Faites-le bien. Faites-le donc avec intelligence.

On ne se le cachera pas. Souvent, ceux qui écrivent de tels textes ont du talent. Des plumes excellentes. Des plumes qui pourraient convaincre Ti-Clin que le racisme ce n’est pas bien, et que oui, pas vouloir d’immigrants dans ton rang, c’est du racisme.

Mais non, c’est bien plus drôle de dire que les femmes sont connes et que le féminisme c’est de la merde.

Alors toi, petit étudiant pauvre de communication publique, sois donc intelligent. Garde donc ton rêve de donner de quoi au monde. Parce que je le sais que si tu es en « com », c’est parce que tu as des bonnes intentions à quelque part. Et garde en tête que c’est beaucoup plus valorisant de produire des bonnes petites choses que de vomir un tas de niaiseries sur un clavier pour attirer le monde.

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