Dépoussiérer les hebdos

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Pour un jeune journaliste ambitieux tout droit sorti du programme de communication, les hebdomadaires régionaux ne semblent pas l’endroit le plus stimulant pour amorcer sa carrière. Michel Bédard, photographe et journaliste autodidacte, travaillant depuis 25 ans pour le Beauport Express, nous prouve le contraire en nous livrant ses impressions sur ce milieu en constante évolution.

Le métier de Michel Bédard a beaucoup évolué depuis la publication de son premier photoreportage. Il le souligne : «Avant, on était des hommes à tout faire. On cherchait la nouvelle, on écrivait des textes, on prenait des photos, on faisait le montage du journal». Depuis l’acquisition du Beauport Express par Transcontinental il y a près de 10 ans, les temps ont changé. Cet hebdomadaire, maintenant affilié à six autres publications de la région de Québec, est mené par un directeur de l’information. Ce dernier s’occupant des affections aux journalistes. Les tâches des rédacteurs sont ainsi davantage centrées sur le travail journalistique. Plus centrées? Oui, mais d’autant plus nombreuses depuis l’apparition des nouvelles technologies.

Pour Michel Bédard, le plus grand défi est d’alimenter en temps réel le site Internet de son hebdomadaire. «Nos patrons nous demandent d’être compétitifs avec les quotidiens. La nouvelle doit sortir vite.» Désormais, avec l’instantanéité de la nouvelle, le journaliste d’hebdomadaire n’a plus une semaine pour fignoler son article. «Le deadline, c’est maintenant!», souligne Bédard. Les employés des hebdomadaires font aussi face à un autre grand défi : augmenter les taux de passage sur Internet. Au grand désarroi de Michel Bédard, le chemin le plus simple pour y arriver est souvent la «mauvaise nouvelle». «Les faits-divers sont ce qui attirent les clics sur Internet. Sexe, vols, accidents : les gens en sont friands», soutient-il.

Même si les faits divers saturent le site Internet du Beauport Express, reste que la publication papier s’investit avant tout d’une mission communautaire. Cet objectif rompt avec le mandat des quotidiens, où la nouvelle régionale, nationale et internationale prime. Pour Michel Bédard, un hebdomadaire: «c’est le journal du milieu. Quand les gens l’ouvrent, il faut que ça parle d’eux». Ce type de publication démocratise l’information communautaire en abordant les sujets que les quotidiens ignorent : évènements communautaires, portraits de gens d’ici et d’organismes régionaux, accomplissements sportifs et culturels. Pour les hebdomadaires, «il n’y a pas de petites nouvelles», selon Bédard.

Un travail qui n’est pas fait pour tous

«Être facile d’approche, présent dans le milieu», voilà, de son propre aveu, la clé du succès de Michel Bédard. Pour travailler dans un hebdomadaire, il faut aussi être disponible en tout temps. «Je n’ai jamais compté mon temps», concède fièrement Bédard.

Un journaliste oeuvrant dans le milieu communautaire doit également être capable de dénicher des nouvelles. Pour ce faire, il faut sans cesse sillonner le territoire, assister aux assemblées de conseil d’arrondissement, garder contact avec les comités de loisir, les écoles, les organismes, mais surtout le public. Si ce sont les journalistes qui livrent la nouvelle au public, cette même nouvelle est souvent acheminée par le public lui-même. «On les invite à nous envoyer des nouvelles. C’est la meilleure façon pour que l’on parle d’eux».

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Jean-François Simard
jean-francois.simard.12@ulaval.ca
@Jeanfransim

Catégorie de l'article:
COMMUNICATION

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