Ouvrir les yeux sur Django Déchainé

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La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. Voir le sang sur les murs ivoire des manoirs de plantations du sud des États-Unis n’est qu’un fantasme? Plus maintenant.

Dans son nouveau film Django Déchainé, version française de Django Unchained, le réalisateur Quentin Tarantino expose violemment le passé horrible d’une période où l’esclavage faisait la joie et la fierté des riches marchands de coton. En créant cette œuvre noire et magistrale, il remet de façon brutale cette réalité au visage de l’Amérique encore honteuse et qui n’a jamais affronté ce tabou depuis la fin de la guerre de Sécession en 1865. Après toutes ces années, les personnages de Django Déchainé, merveilleusement interprétés, amènent un vent nouveau sur cette époque sombre. Ils agissent à titre de libérateurs pour l’auditoire qui ne peut rester indifférent devant les nombreuses scènes crues et audacieuses. Tarantino reste fidèle à lui-même : âmes sensibles s’abstenir! Néanmoins, ne pas exposer cette violence à l’écran aurait été une erreur. La souffrance devient réelle et les plaies (parfois encore ouvertes) de l’esclavage ne doivent pas être ignorées.

N’étant pas une admiratrice de Tarentino, je n’avais pas d’attente vis-à-vis de ce film. Souvent, ce sont les créations que nous attendons avec le plus d’indifférence qui nous secouent le plus. Après à peine 10 minutes, j’étais transportée par cet univers si brutal et sanglant. Du début à la fin, j’ai eu l’impression qu’on me forçait à m’ouvrir les yeux, et ainsi, à découvrir cette parcelle de l’histoire de nos voisins du sud qui influence encore notre société actuelle. L’esclavage, oui, je connaissais. Toutefois, c’était un concept abstrait, une réalité embrouillée. Tarentino s’est bien chargé de mettre les coups de fouet, les trahisons, le sang, le désespoir et la torture en lumière. Et je le remercie.

Django Unchained

Résumé Cineplex.com : « Django est un esclave dont le traitement violent par ses anciens propriétaires l’amène face à face avec Dr King Schultz, chasseur de primes d’origine allemande. Celui-ci est sur les traces des frères Brittle, des meurtriers, et seul Django peut le conduire à sa prime. Tout en affûtant ses talents de chasseur, Django reste concentré sur un seul objectif: trouver et secourir Broomhilda, la femme qu’il a perdue il y a longtemps à la traite des esclaves. »

 

 

 

 

 

Carolle-Anne Tremblay-Levasseur
carolle-anne.tremblay-levasseur.1@ulaval.ca
@IntercomMag

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CULTURE

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