Trois entrevues flash au Show de la Rentrée

Écrit par

Intercom s’est invité aux différents tests de son des artistes présents au Show de la Rentrée de l’Université Laval, afin d’en apprendre un peu plus sur eux. Dans ce billet, Forest BOYS, Choses Sauvages et Laura Babin.

Écrit par : Gabrielle Morissette

Forest BOYS : La maladie de la jeunesse

Les sept gars de Forest BOYS jouent de la musique depuis toujours. Cependant, la formation musicale de Québec ne date que de quelques mois à peine. Tout a commencé à l’hiver dans l’appartement de Félix et Antoine, des amis planteurs d’arbres, où des jams sans lendemain s’organisaient. Forest BOYS est en fait le regroupement des sept membres récurrents de ces soirées, qui pouvaient rassembler jusqu’à une quinzaine de personnes. Heureusement, Félix et Antoine n’avaient pas de voisins…

D’ailleurs, le nom «Forest BOYS» y est pour quelque chose. Pour Julien, chanteur et compositeur de Forest BOYS et de The Seasons, c’est l’ironie de jouer en plein cœur de la ville. Puis, c’est aussi l’adon, car Forest BOYS est né chez des planteurs d’arbres.

Le septuor partage avec son public sa «maladie de la jeunesse» à travers ses compositions. «Il y a un côté déchéance dans les paroles, vraiment un côté sans lendemain. C’est le pourquoi, parfois, on a la fièvre de se saouler une soirée. C’est cette énergie-là qu’on retrouve dans Forest BOYS» , raconte Julien. Cette fougue est même devenue une ligne conductrice pour le groupe. «Quand nous sommes devenus un band sérieux, je me suis mis un cadre dans mon processus créatif. Ce cadre-là, c’était de respecter le style qui revenait dans nos jams dans le fameux appart. Je voulais conserver ces racines-là dans notre musique», précise le chanteur et compositeur.

Puis, la musique produite par le groupe est pensée pour eux et pour le public. «Forest BOYS c’est une délivrance, c’est le retour à la vraie nature de pourquoi on fait ce métier-là», explique Julien, faisant référence à leur expérience passée (à lui, Rémy et Sam) avec The Seasons. Le plaisir de jouer de la musique et de vivre l’instant présent est donc très ressenti et en devient même contagieux. «On a un côté festif, heureux. On veut que les gens s’amusent en venant à nos shows», ajoute Félix, bassiste de la formation.

Forest BOYS sortira dans les semaines à venir son premier EP.

Choses Sauvages : Portrait nocturneCrédit photo : Gabrielle Morissette

Le groupe Choses Sauvages est débarqué au Show de la rentrée en parfaite maîtrise de leur musique et de leur prestation. Cette assurance dégagée les accompagne non seulement sur scène, mais aussi dans l’évolution de leur projet. Jamais n’aura-t-il été question de faire des covers ou de devenir un band corpo : ces cinq gars de Montréal travaillent dur et sont impatients de livrer leur marchandise originale. Au grand bonheur de leur public.

Choses Sauvages vient justement de lancer son premier album éponyme, Choses Sauvages, entièrement en français. Leurs deux derniers EP étant bilingue et en anglais, le choix de leur langue maternelle pour l’album semblait évident. «Nous avons décidé de le faire en français parce que c’est plus facile à écrire, et la vérité est plus présente dans les paroles, explique Félix Belisle, chanteur et compositeur du groupe. Il n’y a pas de détachement comme quand tu chantes en anglais. En français, c’est plus facile de parler de comment nous on se sent, d’en faire des images simples et de jouer avec ça. C’est plus proche de notre réalité».

Une réalité parfois lourde, mais diffusée dans la légèreté du rythme. «Notre musique, tu peux toujours un peu taper du pied», lance Félix avec le sourire en coin.

Choses Sauvages raconte ses histoires (celles qui peuvent être racontées !) sous l’angle de leur vie quotidienne de nuit. En effet, les gars de Choses Sauvages ont presque tous travaillé dans le domaine de la restauration et encore aujourd’hui, leurs temps libres communs sont tard le soir. «On voulait avoir une direction. Chanter en français, c’était une chose, mais on s’est dit que dans les textes, on devrait trouver un moyen d’avoir une ligne conductrice sans que ce soit une thématique forte. La nuit, c’est très présent dans notre image, ça nous représente», précise le guitariste Marc-Antoine Barbier.

L’album de Choses Sauvages est disponible partout, et il est suggéré de l’écouter la nuit, ou lors d’un brunch de gueule de bois.

Laura Babin : Danser de l’intérieurCrédit photo : Gabrielle Morissette

Laura Babin a besoin d’amour : c’est pour cette raison qu’elle s’ouvre et partage une partie d’elle-même sur scène à travers ses créations musicales. Accompagnée de ses musiciens Vincent Yelle et Étienne Mason, l’auteure-compositrice-interprète invite son public à vivre une expérience presque méditative, mais aussi rock, voire dansante. Si elle avait à se décrire, ce serait par l’équilibre des contrastes. Je la crois!

Laura est d’abord partie à l’étranger dans l’optique d’y rencontrer sa véritable personne. Non seulement est-elle revenue avec une meilleure conscience d’elle-même, elle a ramené une banque de souvenirs et de moments d’où elle puise encore aujourd’hui son inspiration. C’est d’ailleurs à la suite de voyages en Islande et au Vietnam que son projet a commencé à prendre une forme plus concrète. «En allant au Vietnam, j’allais chercher un dépaysement total. Je partais seule, dans un pays à la culture complètement différente. En fait, c’était quasiment d’aller me mettre en danger, sans repère pour un peu «shaker» ma vie, ma personne et incorporer d’autres façons de voir les choses», raconte-t-elle.

L’artiste a sorti son premier EP Tranquille en 2014, puis un autre en 2016, Water Buffalo. Son travail est chaleureusement accueilli par la critique, qui décèle son potentiel sans difficulté. Toutefois, Laura garde les pieds sur terre : il y a beaucoup à faire pour faire carrière en musique et pour se distinguer des autres auteures-compositrices-interprètes qui partagent les mêmes ambitions. Un défi qu’elle aborde justement de manière réfléchie : «Ce que j’essaie de faire, c’est de pousser le plus possible, le plus loin possible qui je suis moi dans mon projet de musique. Je me dis que forcément, ça va sortir du lot parce qu’on est tous différents les uns des autres.»

Laura Babin repart en octobre prochain pour enregistrer un nouveau projet que l’on pourra danser, méditer, savourer et aimer en mai 2019.

Crédit photo de la couverture : Xavier Gagnon

 

Catégorie de l'article:
ACTUALITÉ · CULTURE

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *