Être un procrastinateur perfectionniste

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Avec la mi-session qui vient de se terminer, tous les étudiants commencent à retrouver leur capacité à respirer normalement. On s’entend pour dire que les périodes d’examens et de remises de travaux ne sont faciles pour personne. Généralement, on divise les étudiants en deux groupes distincts : les obsessifs compulsifs et les procrastinateurs endurcis. Toutefois, je vous présente aujourd’hui une nouvelle catégorie : les procrastinateurs obsessifs.

Oui, je sais, le mot « procrastinateur/procrastinatrice » n’existe pas. Par contre, pour les besoins de la cause (et le fait que je ne puisse pas écrire 4000 mots), j’utiliserai ce terme plutôt que la description correcte qui est : «personne ayant tendance à remettre ses obligations au lendemain».

On la connaît tous cette personne qui commence à étudier deux semaines à l’avance pour un examen et qui a déjà fini de rédiger son travail de 1500 mots alors que toi, tu n’en as même pas lu les directives. Généralement, c’est cette personne qui s’en sort avec un résultat de malade et qui ne vit jamais de crise de panique post-examen. La raison de sa capacité à tout faire d’avance? Son obsession pour ses notes. L’étudiant obsessif se doit d’obtenir la note parfaite.

À l’inverse, un procrastinateur attend généralement la veille ou l’avant-veille (s’il se sent motivé) pour commencer son devoir. Ce type d’étudiant travaille mieux sous pression. Il est beaucoup plus efficace en étant bourré d’adrénaline et de caféine. Toutefois, même s’il s’en sort très bien la plupart du temps, il lui arrive de frapper un mur de temps en temps.

Il existe aussi un hybride de ces deux créatures opposées l’une à l’autre : le procrastinateur obsessif. Faire partie de cette catégorie, ce n’est pas de tout repos. En fait, ça te brise une santé mentale assez raide, merci.

Je m’explique.

Tout comme le procrastinateur professionnel, cette créature est incapable de trouver la motivation nécessaire pour étudier ou commencer ses travaux d’avance. Sans adrénaline, ça ne vaut même pas le coup d’y penser. Toutefois, le problème lorsqu’on commence nos travaux à la dernière minute, c’est qu’on doit souvent dire adieu à quelques points qui s’envolent avec le temps qui passe. C’est là où la partie «obsession» de ce type de personnalité entre en jeu.

Les obsessifs procrastinateurs accordent beaucoup d’importance à leurs notes. Ils aimeraient battre des records, mais sont incapables de trouver la motivation pour le faire. C’est assez problématique. Faisant moi-même partie de cette catégorie, je vous assure que cela provoque les plus belles crises d’angoisse/larmes/panique/envie-d’abandonner-l’école-pour-aller-vivre-dans-une-grotte-au-fin-fond-de-la-forêt au monde.

C’est fatigant d’être tiraillé par deux facettes de sa personnalité. C’est encore pire lorsqu’on est conscient de l’impact que cela peut avoir sur notre avenir. On le SAIT qu’on devrait faire des efforts pour se prendre d’avance. On le SAIT qu’on est responsable de nos notes pas aussi hautes qu’on le voudrait. C’est ça le problème. On est responsable de nos échecs et on est incapable de faire quoi ce que soit pour arranger cela même si c’est la chose la plus frustrante du monde. On le sait que commencer un travail à la dernière minute diminue nos chances d’avoir une bonne note. Par contre, impossible de pondre une bonne rédaction deux semaines avant la remise. On souffre automatiquement du syndrome de la page blanche et d’un manque extrême de concentration (fiez-vous à votre dévouée rédactrice qui vous écrit en ce moment même à minuit, la veille de la date limite de remise des articles).

Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Les mots ne veulent tout simplement pas sortir. Si, par miracle, quelques-uns se pointent le bout du nez, le résultat est incroyablement mauvais.

C’est difficile de produire un bon travail quand il est impossible d’en être complètement satisfait. Même si on procrastine, on veut tout de même atteindre la perfection. Le hic, c’est qu’on n’a pas le temps de l’atteindre. Mais si on se donne le temps, on va probablement tout recommencer à zéro parce que de toute façon, c’était mauvais en ciboulot. C’est pourquoi on en est réduits à stresser comme des malades mentaux pour un résultat qui, on le sait d’avance, ne fera pas notre bonheur DE TOUTE FAÇON.

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