Étudier à l’autre bout du monde : le retour

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sydney voyage

J’ai quitté Sydney au mois de juin, le début de leur hiver. Il devait faire 12 degrés avec beaucoup de vent. Il faisait beaucoup plus chaud quand j’ai posé les pieds à Québec. On était bien loin du -30 auquel j’ai eu droit à mon départ en février. Et pourtant, il y avait bien plus que la météo qui avait changé en 130 jours.

Octobre marque mon quatrième mois post-Australie. Je veux bien me faire croire que ce chapitre-là de ma vie est derrière moi, mais ma conscience tâche de me le rappeler chaque jour. Je m’étais promis avant de partir de ne pas être la fille qui se définit que par son voyage et qui publie des photos nostalgiques sur les Internets. Je ne voulais pas écrire un autre article sur le sujet. Mais quel échec lamentable.

Lorsque je me fais poser la fatidique question «Pis ton voyage?», je suis toujours embêtée de la réponse que les autres veulent entendre. Premièrement parce que je ne sais pas par où commencer. Est-ce que je parle de mes cours? De mes amis? Des endroits que j’ai vus? Est-ce que la personne me demande ça par politesse ou est-elle vraiment intéressée à connaître les moindres détails? Un échange, ça vient avec son lot d’expériences. C’est un cheminement personnel en accéléré, une découverte de soi synchronisée à une découverte du monde.

Je ne sais pas quoi répondre aussi, parce que les autres s’attendent à ce que je dise avoir passé les quatre plus beaux mois de ma vie. Ils n’ont pas tort de penser ça, j’ai effectivement passé quatre mois incroyables. Mais c’était beaucoup plus que ça. C’était beaucoup plus que des photos sur Instagram. C’était intense. Intense sur le plan émotif, sur le plan personnel, sur le plan relationnel, sur le plan financier, sur le plan scolaire. Les hauts étaient plus hauts que jamais, mais l’inverse était aussi vrai. Ça serait mentir de dire que tout était toujours parfait, que tout s’est passé exactement comme je l’aurais voulu. Par contre, une chose est sûre : je n’ai absolument aucun regret. Je recommencerais demain matin.sydneyCrédit photo : Chloée Delisle

Le retour aussi est une expérience en soi. J’ai commencé à travailler à temps plein deux jours après avoir traversé la moitié de la planète, le corps encore un peu décalé. Très honnêtement, ça faisait bien mon affaire. Ça m’a évité de me morfondre, d’avoir la tête concentrée ce que je venais de vivre et qui était maintenant terminé. Le choc s’est fait sentir à la rentrée. Le retour à la réalité a été un défi de taille dans mon cas et je m’y attendais. La distance se faisait sentir plus que jamais. On se sent loin, même lorsqu’on est à la maison. Je pense à mes colocs et à mes amis d’échange tous les jours. Je pense à toutes les choses que j’ai accomplies. Je pense au pitch stratégique que j’ai fait dans ma deuxième langue, ce que je n’avais jamais fait auparavant même en français. Je pense aux députés que j’ai harcelés au téléphone pour des entrevues (avec succès d’ailleurs). Je pense au fait que j’ai voyagé seule avec mon sac à dos sur la côte Est australienne alors que l’idée me terrifiait quelques jours avant. J’ai parfois l’impression de ramer dans le vide en retrouvant ma routine d’avant. Mais à vrai dire, je suis fière de moi. Et sans surprise, j’ai déjà des idées de voyage plein la tête, c’est en quelque sorte une source de réconfort.

Québec sera toujours mon port d’attache. Sydney, c’est la deuxième maison que j’ai choisie.

(Et soi dit en passant, mes amis australiens ne me croient toujours pas qu’on a des étés chauds au Canada. Mais ils tripent tous sur Justin Trudeau.)

Texte révisé par : Malika Schneider

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