Je suis contre la «tolérance»

Écrit par

C’est légèrement agressif comme titre, n’est-ce pas? C’est un peu comme ça que je me sens par rapport à ce sujet un peu tabou. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas ici pour prôner le jugement et la discrimination. Au contraire, je veux seulement vous dire que, pour moi, prôner la tolérance, c’est prôner la stigmatisation.

Au départ, c’est par le terme en lui-même que le bât blesse. Tolérer. Dis-moi, personne qui « tolère » les autres, pourquoi tu devrais avoir un avis sur leur vie? Parce que c’est ça, tolérer. C’est avoir une opinion sur ce que les autres sont, tout en les laissant vivre leur vie comme ils l’entendent,  Je suis désolée de te dire ça, mon ami, mais les autres n’ont pas besoin de ta tolérance.

En partant, si tu clames haut et fort que tu tolères les gens «différents», c’est que tu mets une barrière entre toi et eux. C’est quoi «être différent»? Explique-moi ça. Au Québec, c’est quoi être différent? C’est de ne pas être un homme ou une femme blanc(he), Québécois de souche, hétérosexuel, élevé dans les valeurs catholiques, mais dire à qui mieux-mieux que tu ne crois en rien? Donc, dans le fond, être différent, c’est seulement ne pas être comme toi. De toute façon, y a-t-il vraiment une définition de la normalité?

Si tu te dis : «Je suis correct, je suis tolérant, les autres ne me dérangent pas, je suis une bonne personne», je te dis qu’en partant, il y a quelque chose qui cloche. Si tu considères que c’est important d’accepter les autres, là aussi, il y a un problème.

Tu n’as pas à accepter les autres. Laisse-les être ce qu’ils sont sans dénoter qu’ils ne sont pas comme toi. Désolée de te l’apprendre, mais tu n’es pas plus «normal» qu’un autre. Dans mon monde à moi, la normalité, ça n’existe pas, ou du moins, elle vit dans la différence. C’est peut-être un peu utopique, mais j’aime me dire que le monde n’est qu’un amalgame d’humains différents. Chacun est beau et intéressant par ce qu’il est. Ce n’est pas nécessaire de stigmatiser les gens. Nous ne sommes pas des animaux et nous ne nous promenons pas en meutes. Nous sommes des individus. Au diable les pensées de différence et de tolérance. Au bout du compte, tout le monde est différent. La normalité ne réside pas dans la ressemblance aux autres, elle dépend plutôt de la façon dont on les perçoit. Tu dois voir les autres comme des individus, pas comme des membres à part d’une communauté.

Si, un jour, tu me parles d’une personne en me décrivant sa vie et en me disant que sa façon d’être ne te dérange pas et que tu acceptes ça, ça se peut que tu me trouves explosive un peu. Ben non, c’est sûr que ça ne te dérange pas. En fait, ça ne devrait même pas ne pas te déranger. Cette personne est ce qu’elle est, point. Ce n’est pas une question de tolérance, encore moins d’acceptation. Laisse les autres vivre. Tu n’as pas ton mot à dire.

Le problème de la société québécoise actuelle n’est pas un manque de tolérance, c’est un manque de normalisation. Une annonce d’orientation sexuelle ne devrait pas vous surprendre. En fait, cela devrait vous indifférer. Voir une femme musulmane porter le hijab, ça aussi, ça devrait vous indifférer. Tant que son hijab ne prend pas vie, ne tombe pas de sa tête et ne vous mord pas les orteils, je ne crois pas que cela changera grand-chose à votre vie. Je suis pas mal certaine que vous vous rendrez tout de même à l’école et que cela ne provoquera pas une chute de météorites.

Parce que, dans le fond, être normal, c’est juste être différent des autres.

Image couverture

Catégorie de l'article:
ART DE VIVRE

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *