Le journalisme indépendant en région

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Journaliste indépendant dans Portneuf depuis dix ans, Michel Beausoleil a vécu des expériences variées de journalisme qui lui ont permis de devenir autonome et polyvalent dans la profession qu’il pratique aujourd’hui. L’animateur à la radio et à la télévision offre ses réflexions à la suite de son expérience.

Une carrière polyvalente

D’abord animateur à la station CFLS de Lévis en 1985, il met à profit son expérience et son intérêt pour le sport au service de ses premières années en radio. Il écrit des textes pour des émissions de radio avant qu’on lui attribue la lecture des nouvelles du matin où il commente l’actualité. Il fait une remarque concernant un changement dans le domaine. Au moment où il commençait à pratiquer le journalisme, on commentait les nouvelles en ajoutant des faits, plutôt que de donner son opinion comme les animateurs le font aujourd’hui.

Il poursuit sa carrière en radio à Montmagny à la station CFEL 102.1, aujourd’hui fermée. Il a alors l’opportunité d’y bâtir une nouvelle radio et y travaille pendant 17 ans. Il devient ainsi journaliste généraliste et couvre des sujets d’actualité variés. Son expérience à la radio lui a permis d’être autonome et mobile dans son travail. Il pouvait, muni de son enregistreuse et de son téléphone mains libres, réaliser des entrevues sans se préoccuper de fournir un support visuel. Il admet tout de même que l’impact de l’image est utile et efficace dépendamment du reportage à faire. Il réalise et produit maintenant un bulletin généraliste d’une heure diffusé à la station de télévision CJSR, une des plus anciennes chaines communautaires au Québec.

Des pièges à éviter

En tant que journaliste indépendant, M. Beausoleil a été amené à être pigiste et a donc dû s’entendre avec les organisations qui lui ont donné des sujets à couvrir. Il n’est pas rare que le journaliste se fasse suggérer un angle pour rendre la nouvelle afin de répondre aux attentes de l’organisation qui diffuse la nouvelle. Il ne souhaitait cependant pas répondre à cette pression.

« J’ai été assez ferme là-dessus. Je répondais qu’il ne fallait pas faire ça. C’est sûr que c’est arrivé. Tu perds ta crédibilité en fin de compte. Les gens, s’ils savent que c’est facile de te manipuler, ils ne t’écouteront plus. Surtout en région comparativement aux centres urbains où c’est peut-être un peu plus impersonnel, on rencontre les politiciens à l’épicerie, on se tutoie. Il y a une proximité qui fait que, des fois, ça peut être difficile d’agir comme journaliste indépendant », raconte-t-il.

La crédibilité

Professeur de radio au Cégep de Montmagny durant sept ans, M. Beausoleil considère que le journalisme se pratique quelque peu différemment en région que dans les villes centrales : « Je disais à mes élèves que l’important, quand on est journaliste, c’est d’agir le plus professionnellement possible. Il y a quand même une éthique à respecter. Il faut vérifier ses sources. Si tu agis de façon professionnelle, on va t’accepter et les gens vont te confier des affaires. Ça va être facile de pratiquer ton métier. Je pense que c’est la seule manière d’être journaliste en région ».

Il donne l’exemple qu’il est nuisible d’afficher ses opinions politiques. Il faut parler équitablement de chaque candidat sans qu’on sente l’allégeance politique. Ce genre de piège fait, selon lui, perdre sa crédibilité au journaliste qui se doit de présenter la vérité. Il ajoute qu’il en est de même pour l’enquête, sauf qu’il faut « de bonnes assurances ». C’est dans ce cas qu’avoir des contacts avec les médias comme Radio-Canada et TVA permet de couvrir des nouvelles concernant les gens d’affaires par exemple.

Un avenir positif pour le journalisme régional

Beausoleil a toujours eu de l’ouverture et de l’intérêt concernant les nouvelles technologies et Internet dans les années 1990. Il était conscient que dans l’avenir, il s’agirait d’un nouvel outil de communication. « Je m’étais dit que ça peut aider le journalisme. On sauvait du papier, il n’y avait pas de limite, de frontière. J’avais développé un concept d’agence de presse régionale pouvant couvrir l’ensemble du territoire régional », explique le journaliste.

Le journaliste témoigne de l’époque où des entreprises comme Power Corporation ont coupé dans les salles de nouvelles et ont engagé plus d’animateurs prompts à donner leur opinion pour faire d’une nouvelle une mise en scène attirant des cotes d’écoute importantes. Pour lui, le journalisme plus axé sur les faits a perdu une part de sa place. M. Beausoleil a souhaité pratiquer un journalisme plus neutre. Il voit un avenir positif pour le métier de journaliste régional en fonction de ces faits.

« Il faut que tu aies un nom. Tu peux rejoindre [le journaliste]. La plupart des sites, il n’y a pas de nom, ce n’est pas fait par un journaliste. On doit critiquer. On se retrouve avec des rumeurs et de la désinformation », ajoute M. Beausoleil.

Il ajoute que le métier de journaliste avec ses règles a beaucoup d’avenir. Les gens vont se fier à une firme de journalistes qui signent. Dans le cas des régions, la population apprécie ce média pour couvrir les nouvelles qui les concernent. Il conçoit aussi que le public devrait financer le journal surtout en région pour que le journaliste couvre les nouvelles sans subir de pression.

Des conseils pour les étudiants

Ses conseils pour les étudiants qui veulent se lancer en journalisme sont de veiller à conserver leur crédibilité et aussi d’être polyvalent au niveau de la cueillette de l’information en utilisant la technologie dans son ensemble, tant à l’écrit qu’à l’audio et au visuel. Il mentionne à ce titre que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) recommande des cours de perfectionnement intéressants pour des étudiants dans le domaine.

 

Crédit photo de la bannière : École supérieure de journalisme

Révisé par : Andréanne Tremblay

Catégorie de l'article:
COMMUNICATION

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