La Grande messe

Écrit par

Depuis maintenant 50 ans, le Super Bowl est le théâtre de performances dignes des plus grands scénarios d’Hollywood. Sans contredit l’événement sportif de l’année, cette grande messe suscite une attention médiatique gargantuesque. Oui, les publicités de la mi-temps. Oui, la soirée des médias. Mais surtout, oui au choc titanesque auquel nous aurons droit.

Les immortels du football américain y sont tous passés. De Joe Montana à Dan Marino en passant par Emmitt Smith et Jerry Rice, la liste des membres du Pro Football Hall of Fame regorge de légendes. Alors que certains n’ont jamais touché au trophée Vince Lombardi, d’autres sont des habitués des grands honneurs. L’organisation des Steelers de Pittsburgh trône au sommet avec six titres du Super Bowl, tout juste devant les Cowboys de Dallas et les 49ers de San Francisco avec cinq gains.

Délaissons le passé et étudions maintenant les forces en présence. Plusieurs experts parlent de la confrontation entre l’attaque redoutable des Panthers, menée par Cam Newton, et la féroce défensive des Broncos, menée entre autres par Aqib Talib et Von Miller. Évitons de jouer à l’autruche en niant les statistiques des deux équipes. La tertiaire de Denver a terminé première en saison régulière quant au nombre de verges accordées avec une moyenne inférieure à 290 par partie. Bien que la situation se soit légèrement corsée depuis le début de la « vraie » saison, concédant 732 verges à l’adversaire en seulement deux parties, force est d’admettre que la performance du dernier match contre Tom Brady et les Patriots laisse présager qu’une véritable tempête frappera Newton ce dimanche. Le talent certain du jeune quart vedette n’est plus à prouver. Il sera intéressant de voir comment le prodige jonglera avec la puissance de frappe à laquelle il fera face, jumelée à la pression d’un match du Super Bowl. Les Broncos ne sont cependant pas les seuls à pouvoir compter sur une défensive efficace. La Caroline s’est classée au 6e rang à ce chapitre, devant Baltimore et la Nouvelle-Angleterre. Qui plus est, l’intensité générée par la force de frappe de son attaque est une source de motivation importante pour la tertiaire de la côte Est américaine. Avec un Peyton Manning vieillissant, cette facette du jeu risque d’être un enjeu déterminant quant à l’issue du match.

Côté offensif, nul doute que les Panthers ont le vent dans les voiles. Le noyau de leur attaque est arrivé à maturité. Terrorisant les défenses adverses depuis le tout premier heads or tails de la saison, Cam Newton accumule les passes de touchés et les courses au sol électrisantes plus rapidement que la dette américaine augmente, ou presque. Sa cible de prédilection ? Un certain Greg Olsen, ayant amassé plus de 1000 verges par la voie des airs en plus de capter le ballon pour sept majeurs. Le receveur Ted Ginn ne laisse pas sa place non plus avec dix réceptions bonnes pour un touché. Ai-je besoin de préciser que la machine offensive des Panthers a siégé pratiquement toute l’année dans les hautes sphères quant au nombre de touchés et aux points marqués ? L’énergie derrière le logo de la Caroline laisse présager un début de match explosif. Offensivement, c’est ici que ça se corse pour Denver. En saison régulière, les hauts et les bas de l’équipe ont mené les Broncos à une maigre moyenne de 22 points par match, bon pour le 19e rang de la NFL. Un écart de près de dix points de moins que les Panthers. La ligne offensive de l’équipe a également concédé 39 sacs du quart et Manning a offert 17 interceptions aux défenses adverses. Toutefois, Denver peut compter sur d’excellents receveurs de passes. Demaryius Thomas a connu une autre brillante saison avec plus de 100 réceptions tandis qu’Emmanuel Sanders a compilé 1135 verges par la voie des airs. S’il est vrai que le bon vin est meilleur en vieillissant, les amateurs des Broncos espèrent voir la meilleure cuvée du millésime Manning lors de ce 50e Super Bowl.

La table est mise pour cette grande messe sportive. Fidèles sportifs et amateurs de spectacle, préparez-vous à un affrontement au dénouement imprévisible. Que ce soit l’attrapée improbable de David Tyree, la remontée spectaculaire de Joe Montana ou encore le jeu insensé des Seahawks, la Mecque du sport met chaque année notre foi à rude épreuve. Un petit 2$ sur les Broncos, joueur par excellence remis à Demaryius. Je sais, je suis sentimental.

Image couverture

Catégorie de l'article:
ACTUALITÉ · SPORT

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *