La guerre aux troubles alimentaires

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On dénombre de plus en plus de cas de troubles alimentaires, surtout dans les domaines du mannequinat et de la danse classique. Une étude menée par l’institut de Runaway Research a établi que 81% des mannequins souffrent d’anorexie (AFP, Journal de Montréal, 2018). Plusieurs se sont penchés sur ce problème et ont réfléchi à des solutions pour l’enrayer, par exemple en tentant de faire changer les standards de beauté ou en créant des guides pour les danseurs et les mannequins.

Prenons exemple sur la France qui veut interdire les mannequins trop maigres en imposant des amendes salées à tous ceux et celles qui ne respecteraient pas cette obligation. Il y a également Anik Bissonnette et de Catherine Nalleau qui ont créé un guide de nutrition pour les danseurs, mais aussi pour les athlètes en général. Ce guide fait la promotion d’un corps en santé plutôt qu’un corps chétif.

Ce serait ainsi très important, même nécessaire, de se concentrer sur ce problème et d’essayer de trouver des solutions pour y remédier. Premièrement, ce serait de changer les standards de beauté et de les adapter pour qu’ils soient réalistes, atteignables et qu’ils n’aient aucun effet négatif sur la santé des danseurs classiques ou des mannequins. Deuxièmement, il faudrait organiser des campagnes de sensibilisation qui portent sur les troubles alimentaires. Finalement, nous devons promouvoir la diversité corporelle et surtout la santé au lieu de contraindre ces mannequins et ces danseurs de se plier aux normes des industries qui nuisent à leur santé.

Georgina Wilkin, une ex-mannequin dont la carrière a débuté lorsqu’elle avait 15 ans, est un exemple de survivante et son cas n’est même pas le pire. Sa carrière, qui n’a duré que trois ans, a eu un impact énorme sur sa vie : cela lui a pris huit ans pour retrouver la santé. Pour ceux et celles qui pensent que ça en vaut la peine, regardez les dégâts que cela peut causer avant de plonger sans réfléchir dans l’univers du mannequinat.

Les troubles alimentaires ont toujours existé, mais ils n’ont jamais été aussi nombreux qu’aujourd’hui. Au premier coup d’œil, on regarde ces jeunes filles et ces jeunes garçons, qui rêvent de défiler pour des agences ou d’être soliste d’une prestigieuse compagnie, mais la réalité n’est pas toute rose. Toute personne qui ne fait pas partie de l’un de ces univers-là croit que c’est facile de défiler ou de danser et c’est vrai qu’en les regardant, ça en a tout l’air. Par contre, pour arriver où ils sont, ils ont dû travailler fort, relever de nombreux défis et parfois même se contraindre à suivre des régimes draconiens pour perdre du poids, car on les trouve trop « gros ». Ils n’ont pas assez une taille « cure-dent » et pour la plupart des compagnies de danse ou des agences de mannequins, c’est le modèle qu’il recherche.

Ces danseurs, qui veulent réussir à tout prix, se jettent corps et âme dans leur art. Tous les danseurs ont déjà vécu du stress au moment de la pesée et se croisaient les doigts pour ne pas peser plus de tant de kilos. Dans le cas où ils ne respectaient pas les normes établies par leurs établissements, ils se mettaient à suivre des régimes, à faire encore plus de sport, même à sauter des repas et à suer pour la bonne cause. Ils suivent le modèle Balanchine à la lettre pour vivre leurs rêves, ne serait-ce qu’un instant, même si dans les faits la carrière d’un ou d’une danseuse est éphémère. La méthode inventée par le chorégraphe russe George Balanchine, est une technique qui a pour but d’améliorer leurs capacités techniques, mais aussi leur interprétation.

On retrouve aussi ce problème chez les mannequins. On les force à repousser leurs limites afin de répondre aux normes très strictes du mannequinat et aux standards de beauté établis par la société et par les agences de mannequins. Que ce soit les agences ou la société, ils se sentent obligés de respecter ces normes s’ils veulent avoir une chance d’intégrer l’industrie. Ils suivent des régimes, perdent du poids et certains vont même jusqu’à jeûner. La norme dans l’industrie, qui jadis était de 2 en termes de tour de taille, a augmenté au fil des années et la mode d’aujourd’hui est même devenu celle des mannequins taille plus, qui font une taille d’environ 12 ou 14. On ne prône plus l’anorexie, on prône l’embonpoint, la diversité corporelle; un grand pas en avant pour l’industrie.

Bref, les troubles alimentaires existent bel et bien et pour toutes ces raisons, il est important de se pencher sur ce problème et de tenter de l’enrayer le plus possible. Prônons la diversité corporelle et la santé plutôt que la malnutrition et la privation.

Sources :

https://www.journaldemontreal.com/2017/02/07/des-mannequins-denoncent-la-pression-de-lindustrie-pour-perdre-du-poids

https://www.huffingtonpost.fr/2013/10/04/anorexie-mannequin-georgina-wilkin-confie-combat-maladie_n_4041690.html

http://plus.lapresse.ca/screens/ffd45598-03b9-41c8-ba16-186caacca9de__7C__4_PnQfvbQQbw.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Méthode_Balanchine

http://www.clindoeil.ca/societe/cest-hot/mannequins-tailles-plus-la-revolution-est-en-marche

Crédit photo : pixabay.com

 

Catégorie de l'article:
ART DE VIVRE

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