La «maudite» généralisation

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À tous les jours, quand je vais sur les médias sociaux, je m’intéresse à ce que pensent les gens de ce qui est dit dans tel ou tel article. Généralement, on retrouve deux types de commentaires dominants : «On est un gang de peureux au Québec!» et «Au Québec, on est des maudits chialeux!». Aux deux camps, je m’adresse : Vous avez tort.

Pourquoi? Parce que c’est de la «maudite» généralisation! Oui, il y a des gens qui ont peur de dire ce qu’ils pensent. D’autres sont des fans du statu quo. Mais de là à dire que tout le Québec est peureux! Vous ne voyez pas, comme moi, tous ces gens qui font des sacrifices et qui sont dans les rues à dénoncer ce qu’ils croient mauvais? Mais ceux-là, on dit d’eux que ce sont des «chialeux». Allégeance politique mise à part, je crois que c’est correct comme ça. C’est normal qu’il y ait des gens qui laissent faire et d’autres qui refusent de laisser faire. C’est comme ça partout, ce n’est pas une question de province.

Ce phénomène se produit partout. Quand je regarde les commentaires sur des pages Facebook de ma région, je lis constamment : «Ça conduit mal au Saguenay. Allez à Québec, vous verrez que c’est 100 fois mieux! ». Ensuite, je navigue sur les pages de la Ville de Québec et j’y vois la même chose. Des tas de gens disent aux habitants de Québec que ça «chauffe» dont mieux à Montréal. On va se le dire, c’est faux. Des fous du volant, il y en a partout. Des «papis» qui sortent le dimanche, on en voit partout.

Cette généralisation se passe aussi au niveau générationnel. Je fais partie des «jeunes», probablement la génération la plus ouvertement critiquée. Selon tout le monde, nous passons tout notre temps rivés sur nos écrans. Nous vivons une vie virtuelle. Selon eux, nous ne connaissons pas l’amour, juste le sexe. Les jeunes eux-mêmes ont adhéré à cette croyance. Oui, il y a des accros à leurs téléphones ou à leurs jeux vidéo. Oui, il y a aussi des gens qui ne savent pas comment trouver l’amour et qui n’obtiennent que du sexe à la place. Mais ça a toujours existé. Il y aura toujours une exception. Est-ce vraiment logique de se baser sur quelques exceptions pour se faire une opinion sur un si grand nombre de personnes?

On voit aussi la même chose pour ce qui est des ethnies et des religions. Deux musulmans placent une bombe quelque part en Occident et automatiquement, on se met à craindre l’ensemble des pratiquants islamistes. Ceux-ci constituent presque 25% de la population mondiale. Va-t-on se mettre à craindre 1,6 milliard de personnes pour deux seules qui ont perdu la tête? Il semblerait que oui.

Encore plus régulièrement, ça arrive avec le genre. J’entends sans cesse ma mère dire : «Ah! Les hommes! Ils ne font pas attention!» ou encore «Ah! Les hommes! Ils ne parlent jamais de leurs émotions». Elle a du connaître un ou deux hommes comme ça et, maintenant, tout le genre masculin y est associé.

Et je n’ai pas fini. Homosexuel, droitiste, gauchiste, riche, pauvre, étudiant en philosophie, étudiant en administration, noir, blanc, français, anglais, espagnol. On sent toujours le besoin d’attribuer des critères pour englober tous les membres d’un même groupe.

Peu importe le sujet, la généralisation domine sur les points de vue. Pourquoi prendre la peine de fouiller un sujet en profondeur avant de juger? C’est beaucoup plus satisfaisant et beaucoup plus populaire de généraliser. C’est bien triste que l’ensemble d’un groupe soit pénalisé pour une minorité.

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ART DE VIVRE

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