Le Canada toujours bon dernier en termes de données cellulaires

Écrit par

Un rapport publié en juillet dernier confirme que les Canadiens sont ceux qui doivent se contenter des pires forfaits cellulaires dans le monde. Peu de données Internet et à très fort prix, une réalité qui perdure. Qu’en est-il exactement? Un futur meilleur est-il possible?

L’étude en question a été conduite par la maison d’analyse suédoise Tefficient, qui chaque année produit des rapports pour les entreprises et le public sur la qualité des réseaux cellulaires à travers le monde. C’est dans sa dernière publication s’attardant à la consommation Internet mobile mondiale pour l’année 2017 qu’on apprend que le Canada fait piètre figure, comparativement à 35 autres pays. Pour mettre cette affirmation en perspective, les Canadiens ont consommé en moyenne 1,3 Go par carte SIM (carte qui relie un cellulaire au réseau), comparativement aux Finlandais, premiers de classe avec 15,9 Go. Seuls la Roumanie (1,1 Go), la République tchèque (1,1 Go), l’Allemagne (1 Go), le Portugal (1 Go), la Belgique (0,9 Go) et la Grèce (0,3 Go) ont fait pire. Avec une croissance de seulement 6 % par année, la consommation canadienne est carrément la plus faible. L’étude conclut qu’une grande consommation de données dans un pays est liée au fait que les compagnies de télécommunications perçoivent un faible revenu par giga octet. En d’autres termes, les Canadiens utilisent peu de données Internet, car les compagnies chargent trop cher pour ce qu’elles offrent. Autre constat, les entreprises de télécoms canadiennes ont eu un revenu 35 fois plus élevé que leurs sœurs indiennes, dont le revenu par giga octet est le plus faible avec une croissance de consommation de 300 %.

Pour Michael Geist, professeur à l’Université d’Ottawa, cela s’explique par le manque de compétition : « It is difficult to overstate how much the lack of wireless competitiveness is holding back the Canadian market » (Geist, 2018 : En ligne, 2e paragr.). Même son de cloche pour Tefficient, qui souligne dans son rapport que les consommateurs canadiens devraient être très insatisfaits de la situation. Il n’y a d’ailleurs pas que les particuliers qui s’offusquent. Même Tobi Lütke, le fondateur et directeur général de Shopify, a affirmé sur Twitter que les forfaits de données dérisoires diminuent la productivité des Canadiens en comparaison avec le reste du monde. Dans tous les cas, avoir accès à peu de données Internet peut paraître un problème risible, mais force est de constater que la réalité est tout autre.

Un avenir possible

Rappelons que les Canadiens avaient jusqu’au 9 septembre dernier pour soumettre leurs plaintes quant aux pratiques de vente des grands fournisseurs de services de télécommunication canadiens, dans le cadre d’une consultation du CRTC. L’organisme de régulation fédérale organisera aussi des audiences publiques un peu partout au pays à partir du 22 octobre 2018, puis présentera un rapport au gouvernement d’ici le 28 février 2019. La pression se fait d’ailleurs sentir puisque les trois plus grands opérateurs de téléphonie mobile canadiens (Big Three : Bell, Rogers et Telus) ont doublé la quantité de données qu’ils offraient dans leurs plus petits forfaits. Comme quoi un petit pas pour les compagnies de télécommunications – et un encore plus petit pour les Canadiens – est encore possible.

Crédit photo : Tefficient

Sources :

ttps://www.huffingtonpost.ca/2018/07/11/canadian-telecoms-tefficient-report_a_23479736/h

Telus, Rogers, Bell double data in low-cost wireless plans after pushback

The State of Canadian Wireless in One Chart: No One Has Carriers That Generate More Revenue With Less Usage

Étude : https://tefficient.com/wp-content/uploads/2018/07/tefficient-industry-analysis-1-2018-mobile-data-usage-and-revenue-FY-2017-per-country-10-July-2018.pdf

https://www.newswire.ca/fr/news-releases/deux-jours-supplementaires-pour-participer-au-sondage-du-crtc-sur-les-pratiques-de-vente-en-matiere-de-telecommunications-692603861.html

Catégorie de l'article:
TECHNOLOGIE

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *