Le cri des méduses : dans le ressac des expériences humaines

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La troupe d’Alan Lake Factori(e) a fait vivre une panoplie d’émotions aux spectateurs du Cri des méduses le 4 avril dernier au Grand Théâtre de Québec à la salle Octave-Crémazie. Les neuf danseurs ont traduit des états intérieurs complexes et contrasté dans une performance sans entracte de 90 minutes. Le public a pu s’interroger sur le sens des tableaux représentés tout en s’imprégnant de l’atmosphère brusque et évanescente de l’œuvre.

Transportés entre la lumière aveuglante et la noirceur presque totale, les amateurs de danse venus assister à l’œuvre ont vécu une expérience sans pareil. Les danseurs en contrôle total de leur performance se sont mis à nu, révélant le cœur des sensations vécues en plein tourment d’expériences de vie au même titre que lors d’une tempête en mer.

D’abord plongés dans un univers sonore rythmé et organique, les spectateurs assistent à l’escalade lente et posée d’une structure horizontale rectangulaire. Des effets de lumière et de flou obtenus grâce à des panneaux translucides créent des ambiances vaporeuses et mystérieuses. Plusieurs effets ont été élaborés à partir du positionnement des corps souvent regroupés en une seule structure.

La dynamique et les mouvements des danseurs rappelaient l’énergie des courants marins. Leur puissance et leur maîtrise se sentaient dans une impression d’apesanteur sans pour autant limiter la précision et la rapidité des mouvements des chorégraphies. Les artistes ont bâti des ponts entre l’océan et l’univers introspectif de chacun en rappelant les mouvements des organismes et des plantes vivant en mer.

Le chorégraphe Alan Lake a divisé l’œuvre en tableaux qui incarnent une certaine forme de mise en scène. Exploitant les thèmes de la complicité amoureuse, des souvenirs empêchant de poursuivre sa route et de la souffrance physique brute, il a su en faire une interprétation imprégnée d’une charge émotive touchante. Des segments plus lumineux succédaient à des sections plus tamisées et intimes. Des jets de peinture et des déplacements à l’aide de la structure présente dès le début de la prestation participaient à sa richesse visuelle.

Crédit photo : Wikipédia

Allier les disciplines artistiques

Le radeau de la Méduse (1818-1819) de Théodore Géricault

L’œuvre est inspirée de la peinture Le radeau de la Méduse de Géricault. On comprend la référence à la souffrance et la peur, qui coexistent avec le naufrage. Les interprètes composent d’ailleurs la majeure partie des structures de l’œuvre; créant des figures sur toute la surface de la scène, ou en se positionnant les uns sur les autres. Le spectateur peut se projeter dans l’action dansée.

Le chorégraphe québécois cherche à allier les arts visuels au monde de la danse afin de créer une union entre les deux disciplines artistiques. Le cri des méduses a été créé à partir de l’automne 2016 à l’École de danse contemporaine de Montréal. Le chorégraphe et interprète possède sa compagnie de création et de diffusion d’œuvres chorégraphiques, pluridisciplinaires et artistiques, Alan Lake Factori(e).

La distribution de la chorégraphie était composée de Josiane Bernier, Kimberley de Jong, Jean-Benoît Labrecque, Louis-Elyan Martin, Odile-Amélie Paters, Fabien Piché, David Rancourt, Geneviève Robitaille et Esther Rousseau-Morin.

Crédit photo de couverture : Grand Théâtre

Révisé par : Katherine Marois

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CULTURE

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