Le match des étoiles, vraiment ?

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Il fut une époque où une participation au match des étoiles représentait un honneur pour les athlètes. Toutefois, à la lumière des récents affrontements entre les élites du sport moderne, force est d’admettre que cet événement revêt plus des allures de cirque que de véritable affrontement.

Disputé annuellement à partir de la saison 1947-1948, le match des étoiles de la Ligue nationale de hockey opposait alors les champions de la coupe Stanley à une sélection de joueurs issue des autres formations. La Classique avait donc une saveur particulière pour les patineurs, certains voulant venger l’amère défaite en finale de l’année précédente alors que les autres souhaitaient prouver qu’ils n’étaient pas champions par pur hasard. Autrement dit, la formule avait une logique pertinente à l’époque. Gordie Howe, que plusieurs considèrent comme le joueur le plus complet de l’histoire du hockey, participa 23 fois au rendez-vous des élus, un record qui ne sera sans doute jamais battu. Aujourd’hui, les critiques évoquent l’insignifiance de cette rencontre et reprochent aux joueurs de ne pas s’impliquer comme ils le feraient dans un vrai match. Au football américain, la même tendance est observable. Les joueurs sont plus prudents et ne souhaitent pas prendre le risque de se blesser lors d’une rencontre sans enjeu particulier. Leurs patrons non plus d’ailleurs. De plus, le fait que le match du Pro Bowl se déroule à la fin de la saison, tout juste avant le Super Bowl, n’aide guère en ce qui a trait à la motivation des athlètes à s’y présenter. D’ailleurs, la Ligue nationale de football a établi un triste record cette année, avec 47 refus de participation au match des étoiles de la part des joueurs.

Du côté de la Ligue de baseball majeure, l’enjeu est différent. Tout comme au hockey, afin d’impliquer les partisans dans le processus de sélection, les autorités de la ligue invitent les gens à voter pour les alignements partants des deux équipes, soit l’association nationale et l’association américaine. Cependant, ce sont les joueurs qui déterminent qui seront les lanceurs présents à l’événement et les gérants se chargent de compléter les formations. Le processus est déjà plus sérieux. De plus, de manière à motiver les participants, l’association gagnante de cette Classique annuelle bénéficie de l’avantage du terrain lors de la Série mondiale. Au baseball, l’équipe terminant au bâton possède un certain avantage sur son adversaire. Ce processus a été instauré suite au match de 2002 où les représentants des deux associations ont fait match nul puisqu’ils n’y avaient plus assez de joueurs à envoyer sur le terrain. Ainsi, les autorités du baseball majeur ont réussi à donner une signification à la rencontre. Certes, plusieurs dénoncent qu’il s’agit plus d’un duel de lanceur et que la partie manque d’offensive. Ce constat fait d’ailleurs l’objet de recommandations de part et d’autre afin d’améliorer le spectacle.

La saga John Scott, les 369 points marqués au plus récent rendez-vous des étoiles de la NBA, une fin de semaine de football sans étoiles partantes, les exemples ne manquent pas pour se rendre à l’évidence. Ces événements sont désormais régis par le spectacle et l’engouement médiatique qu’ils suscitent attire les annonceurs publicitaires en masse. Les associations de sport professionnel tentent désespérément de donner un second souffle à ces Classiques annuelles. Il y a toutefois une lueur d’espoir.

Malgré ces constatations peu optimistes, une tendance se dessine. Les prestations individuelles sont toujours aussi populaires chez les partisans. Le fameux concours de circuit, les compétitions d’habiletés au hockey et les affrontements aériens dans les concours de dunks ne cessent de surprendre et d’épater la galerie. Cette individualisation de la partisannerie prône le divertissement et ce n’est pas mauvais pour le sport, loin de là. Qui plus est, quel sportif peut demeurer insensible aux ovations octroyées au vaillant gaillard John Scott, au dernier tour de piste de l’éternel Lakers Kobe Bryant ou encore à la dernière prise de Mariano Rivera ? Le match des étoiles ? Pour le spectacle, vraiment.

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