Légalisation du cannabis : quel avenir pour le marché noir?

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Avec l’arrivée de la légalisation du cannabis, les questions se font multiples sous divers angles, notamment concernant le marché noir. La chute des prix et l’offre légale estimée faible par rapport à la demande suscitent l’incertitude. L’analyse du rapport de l’Institut C.D. Howe ainsi que la rencontre entre un journaliste de Vice et des revendeurs alimentent les contradictions quant à l’avenir du marché noir, qui ne risque pas de s’éteindre en un clin d’œil.

Selon le récent rapport de l’Institut C.D. Howe, la demande canadienne annuelle devrait être de « 610,6 tonnes de cannabis, mais l’offre de marijuana disponible prévue pour le quatrième trimestre de 2018 ne devrait être que de 146,13 tonnes ». De ce fait, on peut supposer que les gens qui désirent consommer du cannabis ne se priveront pas parce que l’offre de cannabis légal ne répond pas à leur demande. Ils devront donc sans aucun doute le choisir sur le marché noir. La pénurie attendue sur le marché légal pour la première moitié d’année suivant la légalisation serait entre autres due à la lenteur du processus d’attribution de licences de production. Pour les acteurs du marché noir, cette estimation de l’Institut C.D. Howe représente une bonne nouvelle, du moins pour la première année de la légalisation. La deuxième année suivant la légalisation devrait cependant être plus difficile pour le marché illégal, étant donné que le nombre de licences de production légale risque d’avoir augmenté et s’être stabilisé.

Du point de vue des revendeurs, l’avenir du marché noir semble plutôt sombre. Avec la chute constante du prix du cannabis illégal, plusieurs revendeurs orientent leur carrière vers un autre domaine. Le phénomène de la chute des prix sur le marché noir avant la légalisation n’est cependant pas nouveau. Ce même phénomène s’est produit lors de la légalisation du cannabis dans certains États américains. Pourtant, le marché noir est toujours bien en place. Si la chute des prix affecte les petits revendeurs, faute de profit, les producteurs illégaux et les plus gros revendeurs ne semblent pas encore remarquer les effets de cette baisse dans la vente au détail dans la rue. De plus, la réglementation canadienne entourant les produits transformés du cannabis risque de freiner les ardeurs des consommateurs qui croyaient pouvoir en bénéficier de façon légale. Autre point positif pour les acteurs du marché noir, qui pourront voir dans cette réglementation stricte une façon d’innover afin de faire du profit de façon illégale.

Bref, pour ceux qui pensaient que le marché noir allait s’éteindre rapidement après la légalisation, la surprise risque d’être bien réelle. Si le gouvernement veut réellement éradiquer le marché illégal du cannabis, il devra prendre les mesures adéquates pour répondre à la demande des consommateurs notamment par rapport à la quantité et à la variété de produits offerts. De cette façon, le marché noir pourrait disparaître graduellement, mais après combien de temps?

Sources :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1128235/cannabis-legalisation-ontario-rapport

https://www.vice.com/fr_ca/article/ywkn9b/le-prix-du-cannabis-sur-le-marche-noir-est-en-chute-libre

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