Les hommes perdus

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Le 14 février dernier, le Danemark a été secoué telle une femme apprenant la mort de son mari. En cette journée célébrant l’amour, la haine est apparue dans la ville de Copenhague à travers le fusil d’Omar El-Hussein.

Ce jeune homme danois d’origine jordano-palestinienne s’est attaqué à un centre culturel qui tenait une discussion sur la liberté d’expression et à une synagogue célébrant la bar-mitsvah d’un jeune garçon, faisant deux morts et cinq blessés.

Dans le cadre de ce récent attentat, il est devenu crucial de se demander pourquoi une minorité de jeunes musulmans ressentent le besoin d’orchestrer des attaques sur des personnes innocentes, des gens partageant la même Terre qu’eux. Pourquoi est-ce que des hommes tels qu’Omar El-Hussein se perdent, partant si loin qu’il est impossible de les rattraper? S’attarder sur le passé d’Omar El-Hussein, qui n’avait que 22 ans à sa mort, serait une piste intéressante pour trouver un motif à ses actions au lieu de tendre vers des concepts abstraits tels que l’Islam, les Arabes ou les médias.

Omar El-Hussein est né dans le quartier de Mjolnerparken, un quartier multiculturel reconnu pour des problèmes de gangs de rue. Dans la ville de Vordingborg, le jeune homme était déjà connu des services de sécurité danois pour diverses raisons. Ayant passé la majorité de sa vie en Europe, il aurait vécu trois ans en Jordanie pour tenter de remédier à des problèmes qu’il avait à l’école danoise. De retour en Europe, Omar s’est joint à une gang de rue se nommant Brothas et a été reconnu coupable à trois reprises pour des crimes reliés à la violence, aux armes et à la drogue. Arrêté une dernière fois en janvier 2014 pour une attaque au couteau, Omar El-Hussein est condamné à faire de la prison. Selon un rapport envoyé aux services de sécurité danois en septembre 2014, son comportement avait changé de manière drastique et il était devenu « extrêmement religieux ». Finalement, selon la chaîne télévisée CNN, Omar El-Hussein avait écrit des publications supportant DAESH peu de temps avant les évènements du 14 février.

En faisant des recherches sur le passé de ce jeune homme, il est fascinant de voir qu’il n’avait pas grandi et vécu dans un environnement propice à un développement sain. Comme les frères Kaouchi, les hommes coupables des attaques sur le magazine Charlie Hebdo, l’avenir ne semblait pas rose pour Omar. Un séjour en prison semble avoir été crucial dans le développement d’une idéologie extrémiste qui mène ces jeunes hommes vers des abysses, loin de tous. Il serait donc favorable de mieux entourer ces personnes, souvent issues de quartiers défavorisés, pour leur offrir des raisons de ne pas succomber à de telles idéologies nocives. Au lieu de mettre la faute sur des concepts sur lesquels nous n’avons aucun réel contrôle, nous pourrions tenter de mieux intégrer cette jeunesse, souvent issue de l’immigration. Nous pourrions amener un peu de répit aux malheurs de ces individus pour éviter de les perdre à des promesses vides et, par conséquent, minimiser les chances de reproduction de ces attaques qui ne font aucun gagnant, mais que des perdants.

Source de l’image : https://fr.news.yahoo.com/la-police-dit-avoir-tu%C3%A9-le-suspect-des-100133150–sector.html

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