Les tunnels en chiffres, en mots et en images

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Le réseau de tunnels, reliant les pavillons de l’Université Laval, est l’un des secrets les moins bien gardés du campus. Les jours de pluie ou de grand froid, les élèves convergent vers ces 3,7 km de trottoirs souterrains. Avec les années, cet élément distinctif de l’établissement a dépassé la simple question de commodité. Aujourd’hui, les tunnels sont ancrés dans l’imaginaire lavallois. 

Véritable crypte de l’expression artistique ou catacombe de la contestation sociale, on reconnait les couloirs de l’Université Laval à ses longs murs de béton remplis de messages et de fresques.

Au fil des années, la peinture murale est devenue une façon d’y laisser une marque, un héritage pour les prochaines générations universitaires. S’il est vrai que l’on doit plusieurs « oeuvres » à des comités et associations diverses, reste que plusieurs d’entre elles sont réalisées par des particuliers déterminés à faire rire, réagir ou réfléchir les passants. Évidemment, certains d’entre eux prennent plaisir à bousiller l’héritage d’autrui à coups de graffitis improvisés, de mots douteux et de reproductions phalliques approximatives. Malgré tout, les murs des catacombes universitaires restent une véritable mine d’oeuvres artistiques et humoristiques, que l’on prend plaisir à redécouvrir quotidiennement.

Si certains élèves sont friands des mots d’humour et des oeuvres uniques que l’on y retrouve, certains passants frissonnent à la simple idée de se retrouver seul dans un tronçon isolé des souterrains. Un sentiment compréhensible, mais pas nécessairement justifié.

Un vaste sondage mené en 2008 par le Service de sécurité et de prévention du campus de l’Université Laval (SSP) montrait que 30 % des utilisateurs des couloirs ne s’y sentaient pas en sécurité après 18 h. Ce taux grimpe à plus de 42 % chez la gent féminine. Pour une partie des 2700 répondants, composée en majorité d’étudiants et d’enseignants, les longs couloirs gris sont peu accueillants ou sécuritaires quand l’achalandage décroît en soirée.

Pourtant, selon les statistiques de la SSP, les seuls crimes perpétrés dans ces tunnels sont de l’ordre du vandalisme et du bris de matériel. La quarantaine de téléphones d’urgence, les innombrables caméras stratégiquement placées et les nombreux gardiens de sécurité arpentant incessamment le secteur, semblent dissuader certains malfrats de commettre des délits. Autant dire que le réseau souterrain est le lieu le plus sécuritaire, du moins le plus surveillé, du campus.

Attention aux piétons

Plus qu’une question de sécurité, la mauvaise réputation des couloirs est probablement attribuable à ses problèmes de « circulation ». En effet, les nombreux passants doivent partager les souterrains avec quelques dizaines de voiturettes électriques en constante circulation. Une cohabitation difficile considérant qu’en 2008, 75 % des piétons affirmaient que ces véhicules roulaient à une vitesse dangereuse. Cette même année, les moyennes de vitesse des voiturettes dépassaient les 10 km/h. À ce jour, la direction de l’Université n’a toutefois pas lésiné sur les moyens pour réduire le nombre d’incidents. L’ajout de miroirs, de signalisations au sol, tout comme l’imposition d’une vitesse maximale fixe pour les monoplaces, en sont des preuves concrètes.

Découvrez les tunnels en photos

 

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