L’histoire sanglante de l’Auberge rouge

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rouge

J’ai récemment regardé un film français intitulé L’Auberge rouge. Il s’agit d’une comédie qui met en scène une famille d’aubergistes qui accueillent un petit groupe d’invités dans leur gîte pour la nuit. Cependant, cette famille, qui semble tout à fait ordinaire de prime abord, sont en fait des assassins qui tuent leurs visiteurs afin de voler leur richesse. Le film est assez loufoque et il m’a bien amusé, mais j’ai été surpris en apprenant qu’il était basé sur une histoire vraie, une histoire surprenante qui mérite d’être racontée.

Tout a commencé au début des années 1800, en Ardèche (France). Pierre Martin et sa femme, Marie, se sont installés dans une ferme sur le bord d’une route très passante. Rapidement, ils ont changé leur demeure en auberge et ont commencé à accueillir des visiteurs. Une vingtaine d’années ont passé et les aubergistes étaient réputés pour leur générosité. Puis, en 1831, le corps de Jean-Antoine Enjolras est retrouvé à quelques kilomètres de l’auberge. La victime a le crâne et le genou fracturés. Plusieurs témoins soutiennent que la dernière fois qu’ils avaient vu Enjolras, il se promenait près de l’Auberge Peyrebeille, le gîte des Martin. Ces derniers, ainsi que leur domestique, Jean Rochette, et leur neveu, André Martin, sont donc arrêtés et transférés pour l’enquête de la mort d’Enjolras.

En apprenant que les aubergistes étaient soupçonnés du meurtre d’Enjolras, plusieurs habitants ont avoué avoir été témoins des meurtres et même victimes de vol des aubergistes Martin. Un procès est donc entamé. Plusieurs chefs d’accusation sont portés contre les Martin. De nombreux témoins ont affirmé que les aubergistes avaient tenté de les tuer et de voler leurs biens. Michel Hugon, par exemple, était un fermier qui disait s’être fait agresser sur le bord de la route et a décrit ses agresseurs comme étant les Martin. D’autres, comme Rose Ytier, disent avoir été témoins de tentatives de meurtre à l’auberge par les Martin. Tous ces vols et ces tentatives se sont déroulés entre l’ouverture de l’Auberge Peyrebeille, soit 1808 environ, et le meurtre de Jean-Antoine Enjolras en 1831.

L’Auberge Peyrebeille est fouillée de fond en comble par les autorités, mais aucune preuve n’est trouvée pour affirmer la culpabilité des Martin à propos du meurtre d’Enjolras ou les vols des témoins. Toutefois, le témoignage d’un certain Laurent Chaze a permis d’accuser les deux aubergistes ainsi que leur domestique. M. Chaze était un vagabond qui venait parfois à l’auberge pour manger un peu et dormir dans la grange. Chaze a avoué avoir souvent vu Pierre Martin et Enjolras ensemble à la foire de Saint-Cirgues, alors que Pierre Martin soutenait ne pas connaitre le défunt. De plus, Laurent Chaze a dit qu’il était présent dans la nuit du 12 au 13 octobre 1831, soit le soir du meurtre d’Enjolras. Ce dernier était venu à l’auberge puisqu’il avait perdu sa jeune vache. Il est donc resté au gîte pour la nuit et a dormi dans la grange, non loin de Chaze. Pendant la nuit, le vagabond a entendu Pierre Martin, son neveu André et le domestique Jean Rochette s’approcher du lit de foin sur lequel Enjolras dormait. Laurent Chaze a entre-ouvert les yeux et il a aussi vu Marie Martin apporter une lampe et un pot rempli d’un liquide inconnu. La femme a quitté la grange et les trois hommes ont agrippé Enjolras pour lui faire boire le liquide. Chaze a raconté avoir entendu le fermier se débattre. Ensuite, il a entendu des coups de marteau, des cris de douleur et un long silence. Puis, l’un des trois hommes a dit que « cette nuit, ils avaient fait 100 écus » avant de partir.

Les Martin et leur domestique ont été déclarés coupables du meurtre d’Enjolras, sans pour autant être accusés pour les autres méfaits rapportés par les témoins, faute de preuves. Le neveu André Martin a cependant été libéré puisqu’il aurait été sous l’influence de son oncle et n’aurait donc pas agi de son propre chef. Les aubergistes et leur domestique ont été exécutés devant leur auberge où une foule de 30 000 personnes entouraient la guillotine.

De nos jours, l’Auberge de Peyrebeille existe toujours et n’a subi que de minimes modifications au fil du temps. Un musée a été fondé afin d’expliquer l’histoire de la famille Martin et il est possible d’aller visiter l’auberge elle-même. À l’intérieur, différents emplacements sont présentés afin d’expliquer comment les assassins auraient agi pour quelques-uns de leurs meurtres. Le four ou l’enclos à cochons, par exemple, auraient été utilisés afin d’effacer toutes traces des cadavres. Selon ce que rapporte le musée de l’auberge, au fil de leurs vols, les Martin ont accumulé une somme de 30 000 francs-or, soit environ 600 000 euros et ils ont tué une cinquantaine de personnes. Une pierre a été installée devant l’auberge où les assassins ont été exécutés et leurs masques mortuaires ont été conservés au musée Crozatier du Puy.

Auberge

Crédit photo : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=119641.html

Bref, si vous voulez en savoir plus sur cette histoire, le film l’Auberge Rouge du réalisateur Gérard Krawczyk est un film rempli d’humour (noir) qui résume plusieurs moments de ce massacre.

Crédit photo de l’image de couverture.

Révisé par : Maryse Robert

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CULTURE

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