Un taux de vote record depuis 1993

Écrit par
Émilie Godin

Les Canadiens et les Canadiennes se sont prononcés: le 19 octobre dernier, un gouvernement majoritaire libéral a été élu, faisant de Justin Trudeau le nouveau premier ministre du pays. C’est 68,5% des citoyennes et des citoyens inscrits sur la liste électorale qui se sont présentés aux urnes, alors qu’en 2011 le taux de participation s’est élevé à 61,1%.

La période de vote avait débuté en force et laissait présager un taux de participation satisfaisant. En effet, plus de 3,6 millions de citoyens et de citoyennes s’étaient déplacés dans les différents bureaux de scrutin du pays afin d’exercer leur droit de vote par anticipation, ce qui s’est déroulé du 9 au 12 octobre dernier. Par ailleurs, c’est à l’Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick que les électeurs ont été les plus nombreux à se déplacer pendant ces quatre jours. Il s’agit d’une importante croissance par rapport aux dernières élections fédérales. En 2011, le nombre de Canadiennes et de Canadiens ayant voté pendant la période de vote par anticipation s’élevait à plus de 2 050 000. On ne saurait dire ce qui a pu provoquer cette popularité. Peut-être est-ce en raison de la longue durée de la campagne électorale qui, rappelons-le, s’est échelonnée sur 78 jours.

Au total, 68,5% des citoyennes et des citoyens du Canada en âge de voter inscrits sur la liste électorale ont exercé leur droit de vote. Cela représente quelque 17,6 millions de personnes. Plus précisément, 6,93 millions de votes sont allés au Parti libéral de Justin Trudeau leur accordant 186 sièges et 5,6 millions sont allés au Parti Conservateur de Stephen Harper, ce qui représente 99 sièges. Quant au Nouveau Parti démocratique de Thomas Mulcair, 3,46 millions de votes ont été obtenus, faisant élire 44 députés. De plus, le Bloc québécois de Gilles Duceppe a obtenu 818 652 voix, leur octroyant 10 sièges et 605 637 votes sont allés au Parti vert d’Élizabeth May, seule représentante du parti à avoir été élue.

Il s’agit ici du taux de participation le plus élevé en 20 ans. La dernière fois que l’on avait pu observer un tel taux de vote était lors des élections de 1993, où Jean Chrétien avait alors été élu premier ministre du Canada. On peut donc affirmer que ce taux de participation de 68,5% est assez satisfaisant, compte tenu des taux des élections passées.

Et si le mode de scrutin était proportionnel ?           

Le mode de scrutin uninominal à un tour est toujours sujet à débat et est même une source de promesses électorales récurrentes. Effectivement, certains pourraient considérer comme discutables les résultats d’élections obtenus par ce type de scrutin. Dans le cas des élections fédérales de 2015, le Parti libéral a été élu majoritaire avec seulement 39,5% de voix. Cependant, si le mode de scrutin au Canada était proportionnel, les résultats auraient été bien différents. Dans un tel mode de scrutin, le nombre de siège pour chaque parti correspond au pourcentage obtenu par chacun d’eux, le territoire formant une seule et même circonscription. Selon les chiffres de Radio-Canada, si le mode de scrutin au Canada était proportionnel, «le Parti libéral aurait obtenu 50 sièges de moins, tandis que le NPD, le Parti conservateur et le Bloc québécois auraient fait des gains. Le Parti vert aurait pu avoir 11 députés de plus grâce aux 3,4 % de votes qu’il a gagnés ». Ce mode de scrutin peut donc sembler plus représentatif des opinions des citoyens et des citoyennes et est avantageux pour les plus petits partis, mais l’est beaucoup moins pour les plus gros partis comme le Parti Libéral ou le Parti Conservateur.

Image couverture

Émilie Godin
Saguenéenne d’origine, Émilie est en troisième année au BAC en communication et compte faire une maîtrise dans le même domaine. Son sujet de prédilection est la culture. Maniaque de cinéma, elle peut y aller jusqu’à deux fois par semaine (et même trois quand elle n’a pas à étudier). Elle assiste également à bon nombre de spectacles et fait de l’improvisation depuis plusieurs années. De plus, elle s’intéresse beaucoup à la politique et aime être informée sur l’actualité. Fait amusant : elle déteste les « hot chicken ».
Catégorie de l'article:
ACTUALITÉ

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Intercom