Nellie Bly, journaliste : portrait d’une femme avec une histoire à raconter

Écrit par
Nellie Bly

Bien que le métier de journaliste en soit un jeune si on le compare à d’autres, depuis son existence, il a connu plusieurs grands noms. C’est le cas de la journaliste et écrivaine Nellie Bly qui a pratiqué le journalisme d’investigation et d’enquête durant sa carrière.

Nellie Bly est née Élisabeth Jane Cochrane, le 5 mai 1864 à Cochran’s Mills en Pennsylvanie. Sa famille disposant de peu de moyens financiers après la mort du père de famille, la journaliste a dû arrêter l’école, mais c’est tout de même dès 1885 qu’elle a obtenu son premier emploi au Pittsburgh Dispatch. Elle a envoyé une lettre à l’éditeur en mentionnant sa frustration après la parution d’un article sur les supposées tâches des femmes, une lettre qui lui vaudra un emploi, car celui-ci décèle son talent pour l’écriture. Elle passera donc quelques années au sein de ce journal avant de déménager à New York pour travailler au World.

Nellie Bly était une femme de convictions et on pouvait le constater dans ses sujets d’articles. Elle écrivait souvent sur ce qui touche la condition des femmes et leurs conditions de travail. Elle a notamment écrit sur les conditions de vie des femmes dans un asile où elle s’était infiltrée durant 10 jours.

La journaliste a accompli plusieurs choses dans sa carrière qui méritent d’être soulignées comme son tour du monde. Elle avait entrepris de battre le record fictif établi par le personnage de Jules Verne en moins de 80 jours. Un record qu’elle a battu puisqu’elle l’a fait en 72 jours. Tous l’ont acclamée pour cet exploit et elle a même publié un livre en 1890 qui a eu un bon succès : Around the World in Seventy-two Days. Après une pause du métier, à la suite de la mort de son mari, c’est en 1920 qu’elle va reprendre du métier jusqu’à la fin de sa vie en 1922.

10 days in a madhouse

Mis à part son tour du monde réalisé en 72 jours, le travail de la journaliste qui ressort le plus est celui où elle s’est infiltrée dans une institution pour les malades mentaux : l’asile pour femmes Blackwell’s Island, à New York. Nellie Bly en a fait la demande à son patron et il a accepté pratiquement tout de suite. En raison de ses convictions, elle voulait exposer les conditions de vie des patientes qui s’y trouvaient et, pour elle, la seule façon de le faire était de s’y infiltrer en se faisant passer pour folle. Elle s’est cependant assuré de sa sécurité en consultant un avocat pour obtenir l’immunité et avec son patron, ils ont convenu de changer son nom pour Nellie Brown le temps de l’expérience. De cette façon, elle conservait les mêmes initiales et pouvait être repérée en tout temps dans l’institution.

Elle s’est donc exercée à changer ses manières et ses vêtements durant quelques jours et s’est ensuite rendue dans une maison hébergeant des femmes ouvrières où elle a passé toute une soirée à agir comme une folle. Après avoir été arrêtée par la police et placée dans un hôpital, les autorités l’ont envoyée à l’institution en question. Dans son article publié à son retour dans le World et plus tard, dans un livre, Nellie Bly raconte en détail les conditions de son transport, de son arrivée et des 10 jours qu’elle aura passés dans cet endroit. Du transport dans un train, des bains glacés, des conditions sanitaires au traitement des patientes par les employés, tout est raconté.

À sa sortie, Nellie Bly a rédigé son article et à la publication, c’était le sujet sur toutes lèvres. Ce récit n’a pas qu’apporté stupéfactions et mécontentements de la part des gens qui ont découvert ces vérités, mais les budgets ont été augmentés pour cette institution afin d’améliorer les conditions de vie des patientes. De plus, des enquêtes ont été menées à cet effet. Des visites avec Nellie Bly pouvaient guider les enquêteurs et ainsi, décrire ce qu’elle avait vécu durant son infiltration.

Il existe un film sorti en 2015 sur cette expérience et vous pouvez regarder la bande-annonce ci-dessous.

Sources :

http://www.biography.com/people/nellie-bly-9216680

https://www.britannica.com/biography/Nellie-Bly

Livres :

Nellie Bly : daredevil, reporter, feminist de Brooke Kroeger

The great reporters de David Randall

Texte révisé par Malika Schneider.

Crédit photo de l’image de couverture.

Catégorie de l'article:
COMMUNICATION

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