Ce n’est pas une question de sécurité, mais bien d’éducation

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La suite des événements qui se sont produits au sein des résidences de l’Université Laval souligne un manque, au niveau éducatif et gouvernemental, bien plus profond que la faille trouvée dans le système de sécurité mis en place sur le campus universitaire. Alycia Dufour, membre du Comité Femmes de l’Université Laval, déplore l’absence de chaleur humaine venant de l’Université ainsi que de certains ministres durant les événements.

« Ce qu’on aurait aimé avoir, ce sont des paroles venant du cœur, et non un discours préconstruit ayant été rédigé dans le but de glorifier l’image de l’Université », mentionne Alycia Dufour. Les femmes du comité se sont dites déçues de la réaction du recteur, Monsieur Denis Brière, ainsi que celle de la ministre de la Condition féminine, Madame Lise Thériault. Le comité Femmes de l’Université Laval insistent sur le fait que les personnes, ayant des postes importants au sein d’une gestion de crise de cette envergure, sont complètement passées à côté du soutien auquel la communauté étudiante s’attendait.

Ces jeunes féministes, qui sont engagées dans la cause de l’égalité entre les hommes et les femmes, se demandent comment une ministre de la Condition féminine peut passer sous silence un événement de cette importance. L’Université a mentionné à plusieurs reprises qu’elle serait présente dans le soutien aux victimes en offrant du support psychologique. Cependant, aucun nom de professionnels ou d’organismes, venant en aide aux victimes, n’a été dévoilé durant cette période émotive.

Un manque d’éducation sexuelle

Depuis cette tragédie, l’Université Laval a instauré un service de sécurité plus serré au sein  des différents pavillons de son campus, augmentant ainsi le nombre d’agents de sécurité au sein des résidences. Cependant, selon Alycia Dufour, le problème entourant ces événements n’est pas la sécurité en milieu universitaire, mais bien un manque d’éducation sexuelle chez les citoyens. « La crainte, que je ressens en tant que femme à me promener dans les tunnels de l’Université ou dans les forêts entourant celle-ci, n’est pas due au manque de surveillance, mais plutôt parce que je sais que ce genre de pratique est trop banalisé dans notre société et que je ne suis pas à l’abri. »

Université Laval

L’Université a instauré un service de sécurité plus serré dans les pavillons de son campus, augmentant notamment le nombre de ses agents au sein des résidences. (Crédit photo : Laurence Bourget)

Bien que la ministre de l’Enseignement supérieur, Madame Hélène David, ait proposé l’expulsion des prétendus agresseurs de l’Université, le Comité Femmes ne soutient pas cette idée comme étant une solution à la problématique. « Bien que le fait de garder ces étudiants sur le campus universitaire serait insécurisant, on doit avoir une réflexion plus approfondie de la situation étant donné le message que renvoie l’expulsion », explique Madame Dufour.

Selon ces femmes, le problème ne serait seulement que déplacé en optant pour une expulsion puisque c’est une réalité qui continue d’exister dans la société.

Toujours selon ce comité, ce qui constituerait un réel pas vers le changement de cette culture du viol en milieu universitaire serait de la formation au niveau préventif au sein des associations étudiantes. De plus, l’intégration de personnes ressources à l’intérieur des associations serait de mise afin de faciliter la dénonciation d’actes notables comme les derniers événements survenus sur le campus universitaire.

Même si la prévention se faisait plus présente dans les milieux scolaires dans les années à venir, l’importance de l’éducation parentale concernant les valeurs transmises aux enfants ainsi que l’acceptabilité et la non-acceptabilité des gestes commis demeurent la clé afin d’améliorer la sécurité de toutes et de tous.

Université Laval

Alycia Dufour, membre du Comité Femmes de l’Université Laval soutien que le cœur de cette problématique n’est pas au niveau de la sécurité mais bien au niveau de l’éducation. ( Crédit photo : Laurence Bourget)

Texte écrit par Laurence Bourget et révisé par Malika Schneider.

Crédit photo de l’image de couverture.

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