Première manifestation d’envergure contre la culture du viol à Québec

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Manifestation contre la culture du viol. Québec, rue Charest. 19:52. Déjà plus d’une centaine de personnes rassemblées devant la Place de l’Université du Québec et ce, malgré un ciel qui semblait nous tomber sur la tête. Marche organisée dans la mouvance de l’affaire Sklavounos et de la vague d’agressions survenues à l’Université Laval.

Culture du viol

Crédit photo : Yvan Dias

Nous avons marché pour ELLE et toutes les autres.

Des femmes surtout, mais aussi des hommes et des enfants se sont mobilisés et unis contre la culture du viol. Des voix solidaires pour un avenir meilleur. Parce que le silence ne devrait plus appartenir aux maux. Comme le disait, la poète Josée Yvon  « mon amour je ne guérirai jamais / si tu me fourres dans ma blessure ».

Collectivement, les femmes se sont levées, pour dire haut et fort, non à la culture du viol et à toute forme d’agression. Ensemble, les femmes n’avaient plus peur de prendre la parole.  Le message lancé contre la banalisation était clair : « Il faut briser le silence »; «Il faut changer de culture parce qu’on est tannée d’être soumises » affirmaient des participantes à l’événement.   Un ras-le-bol collectif de la culpabilisation des victimes.

« On vous croit!  On vous croit! » Ce slogan  de solidarité a résonné en boucle pendant les discours de personnalités politiques, notamment Mireille Jean (députée de Chicoutimi, Parti québécois) et Manon Massé (députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Québec solidaire) qui ont pris la parole pour dénoncer les agressions et la violence sexuelle. C’est avec les yeux plein de buées, la force dans la parole qu’une femme autochtone a livré avec beaucoup d’émotions son message pour dénoncer des gestes d’agressions et réclamer justice. Dans le cœur du débat, on peut rappeler les gestes de l’animateur de radio Jian Ghomeshi qui disait d’ouvrir les genoux. Le juge Robin Camp… de serrer les genoux. On peut supposer que le député Gerry Sklavounos a demandé plus que de s’assoir sur ses genoux…

Dire « on vous croit », c’est arrêté d’être à genoux! C’est se lever, se tenir debout! S’imposer comme sujet et non comme objet, le disait si bien Simone de Beauvoir.

La mobilisation du 26 octobre nous a permis de constater la force du mouvement ainsi qu’un changement qui est en voie de se produire. Un mouvement essentiel à la base d’un changement réel de mentalités contre la banalisation du viol. Soyons solidaires!

Texte écrit par deux doctorantes de l’Université Laval : Virginie Francoeur & Julie Bernard

Texte révisé par Malika Schneider

Crédit photo de l’image de couverture : Yvan Dias

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