Les parcs animaliers : bons pour les animaux ou pour les humains ?

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Il y a une semaine, j’ai décidé de retomber en enfance en allant visiter le Biodôme de Montréal. Étant jeune, j’y allais souvent. Voir autant d’animaux sauvages m’émerveillait énormément. Une dizaine d’années plus tard, j’ai de nouveau traversé les aires de la forêt tropicale, la forêt boréale, les fonds marins et les côtes polaires. De beaux souvenirs ont ressurgis, mais mon esprit plus mature m’a permis de remarquer à quel point les animaux ne semblent pas du tout heureux dans leur captivité.

Ils ont beau être bien nourris et bien traités par les employés, le manque d’espace dans leur cage les prive de leur liberté. Les zoos m’enchantent, même à mon âge, mais ma visite au Biodôme m’a sérieusement fait demander si les zoos participent à la survie des espèces sauvages ou ne servent qu’à plaire aux humains.

Le stress d’être en captivité

C’est un fait, plusieurs animaux ne tolèrent pas du tout d’être enfermés. Le va et vient des visiteurs, les cris et les photographies stressent énormément les animaux. L’accumulation d’angoisse peut mener les animaux à s’isoler dans leur cage, loin des visiteurs. Toutefois, quelques bêtes ont vu leur comportement devenir agressif en raison de leur nervosité. Le parc Seaworld d’Orlando en Floride a, à plusieurs reprises, été connu pour ce genre d’accidents. Tilikum, l’orque vedette du parc, avait tué deux personnes dans les années 90. Cependant, l’attaque qui a particulièrement marqué l’histoire du parc s’est déroulée en 2010. Lors d’un spectacle, Tilikum a violemment tué sa dresseuse, Dawn Brancheau. De nombreuses recherches ont révélé que le stress engendré par les spectacles et le sentiment d’enfermement ont rendu l’orque agressive.

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Crédit photo : http://bit.ly/2mYzHLL

En 2011, le zoo de Berlin a vu l’une de ses bêtes mourir dans d’étranges conditions. Knut l’ours polaire était la vedette du zoo. Le 19 mars 2011, l’animal a surpris les spectateurs alors qu’il tournait bizarrement en rond sur lui-même. Sa conduite est devenue considérablement bizarre lorsque l’ours a été victime de convulsions. L’animal a fini par tomber dans sa mare et s’est noyé. Les employés du zoo n’avaient aucune idée de ce qui avait causé cette noyade jusqu’à ce qu’une autopsie soit réalisée. Knut souffrait d’une encéphalite aigüe, une inflammation au niveau du cerveau, qui aurait causé une crise d’épilepsie. Plusieurs défenseurs des animaux croient que ce qui a causé le développement de l’encéphalite serait le stress de l’animal d’être en captivité.

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Crédit photo : http://bit.ly/2mYwCeK

Des dizaines et des dizaines d’accidents du même genre ont été rapportés dans des zoos, des réserves animalières ou des aquariums publics comme Seaworld. Dans pratiquement tous les cas, l’explication qui revient le plus souvent pour appuyer le changement de comportement des animaux est l’angoisse qu’ils ressentent du fait d’être enfermés et observés. Le nombre d’accidents est si important que les employés travaillant dans des zoos n’ont plus aucune confiance en leurs bêtes. Je vais terminer en mentionnant le cas du gorille Harambe qui a été tué puisqu’un enfant était tombé dans son enclos.

caDans les nombreuses vidéos diffusées, il est possible de voir le petit garçon se faire brusquement trainer par le gorille qui l’emmène un peu plus loin. Par la suite, l’animal ne brutalise pas du tout l’enfant. Toutefois, le gorille a tout de même été tué puisque les gardiens craignaient qu’il développe un comportement particulièrement agressif. Une question s’impose donc : si les propriétaires de parcs animaliers redoutent que les animaux deviennent particulièrement agressifs une fois en captivité, pourquoi construire ces parcs et ainsi mettre en danger à la fois les visiteurs et les employés ?

Pour la survie des espèces

Les quelques exemples cités plus hauts illustrent les dangers ou les méfaits que la captivité peut faire sur la psychologie d’un animal. Il y a même eu des cas de maltraitance entre autres en Chine, en Indonésie et en Ontario. Toutefois, tous les parcs animaliers ne sont pas mauvais. Il existe des parcs ou des élevages d’animaux sauvages qui se donnent pour mission de recueillir des espèces menacées pour accroitre de nouveau leur population. Le Parc Safari a accueilli des lions blancs en 2008 dans le but de faire reproduire ces rares animaux. Le zoo de Beauval est reconnu comme l’un des zoos les plus respectueux en France. Non seulement il s’assure de la santé et du bien-être de chaque bête, mais il compte aussi 90 espèces qui ne sont présentes que dans l’optique de repeuplement.

Les animaux sauvages sont tout de même en captivité, mais ces parcs jouent un rôle non négligeable pour la survie de nombreuses espèces. Puis, contrairement aux zoos communs, les animaux sauvages sont remis en liberté une fois que leur espèce est considérée comme préservée. Le problème que peut engendrer la liberté d’un animal qui n’a pratiquement pas connu la vie sauvage est la difficulté d’adaptation. L’animal ayant été nourri et soigné par les gardiens du parc pendant trop longtemps, il ne connait rien de la chasse et de la survie à l’état sauvage. Pour les appuyer dans leur réhabilitation, plusieurs zoos ou centres d’élevage aménagent les enclos afin qu’ils ressemblent à l’habitat naturel des bêtes. De plus, plusieurs inventent des activités ou installent des parcours qui permettent à l’animal de développer son instinct de chasseur.

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Crédit photo : http://bit.ly/2mKu9ni

L’avis qu’ont les gens envers les parcs animaliers est extrêmement divergent. En raison de la maltraitance et du bouleversement ressenti par les animaux en captivité, plusieurs s’opposent ouvertement aux zoos. D’autres voient le rôle que les parcs peuvent avoir dans la conservation des espèces et croient qu’il serait important de garder ces établissements. Pour ma part, je ne pense pas qu’il faille interdire tous les parcs animaliers, mais que ceux qui n’ont pas comme mission la conservation d’espèces en danger devraient être fermés.


Crédit photo de l’image de couverture.

Révisé par : Maryse Robert

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