« Rotterdam » : s’ouvrir dans la confusion

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La pièce Rotterdam présentée au Théâtre La Bordée à Québec, nous invite à être témoins de la confusion qui existe dans la société par apport aux différents genres sexuels qui l’habitent en faisant preuve d’une ouverture. Dans cette expérience théâtrale sensible, de tourmentes, de rires et de questionnements, nous nous incrustons dans l’intimité d’un couple homosexuel confronté au changement de sexe.

Avec un public ouvert et curieux, acceptation et transformation il y aura avec Rotterdam. Du moins, c’est ce qui résume l’idée générale de la metteure en scène Édith Patenaude. La pièce suscite beaucoup de réactions en traitant d’une réalité plus que présente en société. Elle soulève l’importance de s’identifier sexuellement, la confiance en soi et la fierté d’être qui nous sommes malgré l’étiquette que la société nous impose. Ariane Côté Lavoie, jouant le rôle Liona, une jeune femme fougueuse et lesbienne de 21 ans, dit recevoir beaucoup d’attention depuis le début des représentations. Elle se dit très satisfaite des réactions du public en mentionnant à sa sortie du théâtre : « Ce que j’entends le plus c’est que tout le monde peut réussir à s’identifier quelque part dans la pièce, ce qui est une bonne chose ».

La pièce raconte l’histoire d’Alice (Marie-Hélène Gendreau) ayant pris sept années à Rotterdam pour se décider d’écrire à ses parents et de leur avouer son homosexualité. Au moment où elle s’apprête à envoyer le message, sa copine Fiona (Pascale Renaud-Hébert) lui annonce qu’elle désire suivre une procédure de changement de sexe. On réussit alors à connecter et à s’identifier au conflit intérieur d’Alice. La jeune femme est prise entre l’affirmation de son homosexualité et le fait qu’elle doit comprendre et accepter la transidentité de celle dont elle est amoureuse, Fiona, qui est plutôt Adrien. Dans l’histoire, nous découvrons aussi Josh (Charles-Étienne Beaulne), le frère de Finoa et ex-copain d’Alice pour qui ce changement apparaît cohérent. Nous retrouvons également Liona, cette jolie, fougueuse et jeune collègue de bureau d’Alice. Cette dernière tombera amoureuse d’Alice et lui fera vivre toutes sortes d’expériences dans le but d’affirmer davantage son identité.

La pièce traite de relations humaines vraies et authentiques que tout le monde peut vivre puisque nous cherchons tous, à différents moments de notre vie, qui nous sommes et nous accepter afin de pouvoir vivre pleinement notre identité, et ce, peu importe que nous soyons homosexuels, transgenres, hétérosexuels, queers, etc.

Je suis sortie de cette pièce en me demandant ce qui est le plus difficile de faire avec notre identité sexuelle de nos jours. Est-ce dans le processus d’identification, d’acceptation ou de l’annonciation à nos pairs? Chose certaine, cette pièce traite bien de tous ces aspects. Les genres ont évolué et continueront de se redéfinir avec le temps. D’autres définitions apparaîtront aussi à mesure que la société évoluera.

De plus, une définition très ouverte des genres et l’exposition IGAnne (David Grenier), une première exposition queer et osée, ornent les corridors à l’entrée de la salle afin d’alimenter le processus de réflexion entourant la pièce.

La pièce Rotterdam est présentée jusqu’au 9 février 2019 au Théâtre La Bordée à Québec.

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

 

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CULTURE

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