Les stories : notre personnalité virtuelle et éphémère

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Pour publier du contenu sur ma vie, j’ai le choix entre une photo ou une courte vidéo. Deux ou trois clics plus tard, mes abonnés peuvent maintenant voir ce que j’ai fait aujourd’hui, et ce, pour une durée limite de 24 h. Pendant ces 24 h, qu’est-ce qui trotte dans ma tête?

Ah ben! Il me semble que la story d’un tel était bien bonne. Ça tombe bien, je m’en vais dans un beau petit coin tantôt. Ça va être l’occasion idéale de prendre quelques stories. Espérons même que je pourrai impressionner.

On ne sait jamais lorsqu’une occasion va se présenter. Un évènement plus ou moins comique peut survenir à tout moment. Tout d’un coup, un ami dégaine son téléphone de sa poche tel un cowboy du Far West : il est prêt à me prendre en vidéo pour sa story. Vite, il faut que je fasse quelque chose de drôle, quelque chose d’inattendu; il ne faudrait pas que je déçoive son auditoire. Ça y est, le moment est passé. J’ai eu mes secondes de gloire.

C’est l’heure des réactions. Mais avec les stories, on ne s’attend pas à grand-chose : pas de mentions « j’aime », pas de commentaires. Quelques messages en privé, tout au plus. Souvent, c’est une suite d’émojis qui pleurent de rire. Tu sais, celui avec les petites larmes bleues sur le coin des yeux.

Catégories de stories

À force d’être actifs sur les réseaux sociaux, on finit par développer son style de publication.

On met l’accent sur plusieurs sujets qui méritent notre attention, tels :

  • Les soirées de débauche;
  • Le café du lendemain;
  • Les niaiseries exagérées des amiEs (n’oublions pas l’effet « cowboy »);
  • Les chats et les chiens;
  • Le dîner;
  • L’entraînement au gym;
  • Le selfie présoirée;
  • Le souper;
  • La poutine que l’on prend à 2 h du matin.

Te reconnais-tu dans l’un de ces points?

Il n’y a rien de mal à ça. Après tout, est-ce qu’il y a des sujets de conversation plus rassembleurs et universels que la bouffe et la bière? Car c’est bien ça, le but, non? De faire jaser. Peut-être que ces stories nous définissent un peu plus que l’on ne veut l’admettre.

Personnalité virtuelle

Qu’on le veuille ou non, plusieurs personnes que l’on côtoie nous connaissent davantage par ce que l’on publie sur les réseaux sociaux. Ils connaissent notre personnalité virtuelle. Même s’ils ne te le diront peut-être pas, il y a des chances qu’ils sachent que t’es allé brosser avec un tel, et que t’as fini par dormir dans la rue sur un matelas abandonné parce que t’étais trop saoul pour rentrer chez toi. Ou juste que t’as passé une soirée tranquille à profiter du beau temps. Ça, ça dépend du monde.

Que tu le veuilles ou non, ta personnalité virtuelle va déteindre sur ta relation avec les gens. Il ne faudrait pas, par exemple, que tu déçoives Jean Collègue-de-travail par rapport à ce que t’as affirmé récemment en ligne. Quand on a des idéaux, on s’y tient.

Il ne faudrait pas non plus que Marie De-mon-cours trouve que ton Outfit of the day publié aujourd’hui n’est pas à la hauteur de ton dernier selfie Instagram. Après tout, tu sais très bien qu’elle s’est abonnée. Elle a même « aimé » la photo. Ça fait deux de suite. Ça mérite au moins un beau sourire quand tu la croises dans le corridor.

Les stories, c’est tout ça : une tranche de vie éphémère soigneusement choisie afin que les autres puissent réagir et se comparer un tout petit peu à notre vie.

Révisé par Émilie Pouliot

Crédit photo : Pixabay

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ART DE VIVRE · TECHNOLOGIE

Commentaire

  • Un très bon début Xavier il y a beaucoup de la réalité dans ce que tu as écrit alors continue Bravo je suis bien contente de l’avoir lue.

    Francoise Gagnon 19 octobre 2017 21:26 Répondre

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