Titus : Une violence grotesque

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Le LANTISS de l’Université Laval accueille du 17 novembre au 2 décembre la pièce shakespearienne Titus. Présentée par le théâtre Périscope, la pièce sera montée par la compagnie de théâtre Les Écornifleuses. Sous la mise en scène d’Édith Patenaude, les spectateurs seront appelés à voir sous un nouvel angle une des œuvres les plus sanglantes du célèbre dramaturge britannique.

Titus figure parmi les premières pièces écrites par le célèbre dramaturge William Shakespeare. Une œuvre qui était pensée pour des hommes par des hommes. La pièce est, cependant, moins jouée de nos jours étant donné sa controverse et sa violence. Toutefois, afin de célébrer leur dixième anniversaire, la compagnie de théâtre Les Écornifleuses a voulu se lancer dans un gros projet en entreprenant la mise en scène d’un grand classique théâtral.

La pièce a su charmer la metteuse en scène Édith Patenaude qui lui trouvait, au-delà de sa violence, un certain charme. « Titus, c’est un show d’oppositions et d’extrêmes », confiait-elle à l’émission radiophonique Chéri(e), j’arrive! présentée à CHYZ 94,3. C’est donc avec une intensité saisissante que la pièce est présentée. Le public aura donc droit à une toute nouvelle forme de Titus.

Une performance qui affirme bien son désir de changements puisque la pièce a été conçue de manière à égaliser les deux sexes. Possédant originairement une forte masculinité, Titus peint plusieurs stéréotypes masculins. On y perçoit principalement le désir du pouvoir, les pulsions sexuelles et la violence. Pour cette version, une grande liberté a été prise en compte pour monter la pièce. Le public pourra y apercevoir un jeu avec les codes, normalement conventionnels, du théâtre. Le résultat donne une distribution intéressante pour le public qui assiste à la représentation.

Ici, c’est l’inversion des rôles qui prédomine. Les femmes jouent les hommes et les hommes jouent les personnages féminins. Une nouvelle approche qui ne change rien au jeu initial des comédiens et à laquelle le public ne voit que du feu. Le spectateur entre aisément dans la pièce, oubliant qui joue les personnages. Il s’attarde plutôt au personnage lui-même.

Dédramatiser la violence
Plusieurs scènes de la pièce présentent des moments qui sont assez violents et sanglants. On y voit de multiples meurtres exécutés avec froideur et insensibilité. Les personnages n’en ont que pour eux et leur désir d’assouvir leur vengeance. Mais ici, aucune arme, aucun sang qui coule. Une façon d’atténuer la violence en laissant travailler l’imaginaire du spectateur.

La pièce possède également un petit côté grotesque, chose qui n’a pas échappé à Édith Patenaude. Choisissant d’omettre l’utilisation du français international par les comédiens, elle vient alors ajouter un côté un peu plus humoristique, voire satirique à la pièce. Ainsi, l’emploi de jurons québécois apporte une touche de légèreté dans la lourde atmosphère de Titus. Un effet qui vient chercher la proximité du public et qui permet de dédramatiser des situations qui se montrent assez intenses. Un grand classique théâtral adapté de façon moderne, mais qui n’enlève rien à l’essence même de la pièce.

Crédit photo : Théâtre Périscope

Révisé par : Évelyne Parenteau

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