Un stage humanitaire, une expérience enrichissante

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Justine Fortin a 20 ans et elle est finissante au Cégep de Chicoutimi en soins infirmiers. Au mois de janvier dernier, elle a quitté le Québec pour s’envoler au Guatemala pour y faire un stage humanitaire de trois semaines, une expérience grandement appréciée et enrichissante. Voici donc une entrevue où elle nous raconte son voyage et ce qu’elle a appris.

 

Quel était le but de ce voyage?

Nous sommes partis au Guatemala, dans la ville de San Miguel Dueñas, pour y faire un voyage humanitaire d’une durée de trois semaines. On donnait des soins aux gens dans une clinique qui était située près d’où on habitait. Les gens avaient des numéros et venaient nous rencontrer, puis on faisait une évaluation complète et, au besoin, on leur donnait des médicaments.

Pourquoi as-tu décidé de faire ce voyage?

En fait, ce voyage-là est ce qui m’a poussé à aller en soins infirmiers. Lorsque j’étais au secondaire, j’ai fait une journée d’orientation au cégep et j’hésitais entre la criminologie et les soins infirmiers, mais c’est vraiment cette rencontre qui a pesé dans la balance. Quand j’ai vu tout ce que je pouvais faire, tous les gens que je pouvais aider, j’ai tout de suite fait mon choix.

 

À quoi ressemblait ta vie au Guatemala?

Je vivais dans une famille et je me sentais vraiment comme dans la mienne, puisque j’avais une maman, un papa et trois petites sœurs. J’arrivais le soir et on soupait en famille, on faisait nos petites affaires dans nos chambres, puis le matin, on se réveillait, c’était vraiment comme si j’étais chez moi sauf qu’on parlait en espagnol.

 

Peux-tu nous décrire une journée type?

Chaque matin à 8 h, on se rejoignait à l’église qui était située à côté de notre maison. On prenait un autobus pendant 10 minutes pour se rendre à San Miguel Escobar, qui est le petit village où on allait donner des soins. On installait nos affaires et déjà, la salle d’attente était pleine de clients. Il y avait déjà trente ou parfois même quarante clients qui attendaient. On faisait passer les patients un à la fois en débutant avec une entrevue avec eux, en espagnol, afin de comprendre ce qui se passait pour ensuite faire un diagnostic. Finalement, on les envoyait à la pharmacie chercher leur médication, au besoin, puis on retournait à l’église en autobus pour ensuite retourner dans nos familles. Parfois, on se promenait le soir dans le village avec nos amis et on mangeait des patas fritas ou, autrement dit, des patates frites.

 

Donc l’église était utilisée seulement comme un lieu de rassemblement pour le transport?

Exactement. Cependant, les gens sont vraiment croyants, les petites filles étaient obligées d’aller à l’église le dimanche. Là-bas, la religion a une place très importante. On a fait beaucoup de tourisme et on a visité une dizaine d’églises, ce qui est relativement élevé.

As-tu fait des cours d’espagnol avant de partir?

J’avais déjà une petite base avant de partir et on a eu des cours avec les gens de mon stage. En arrivant là-bas, on a eu 20 heures de cours la première semaine. Chaque matin, on apprenait de 8 h à midi, et chaque élève était jumelé avec un professeur, donc on apprenait vraiment bien. Ils ont même fait l’effort de nous montrer des mots du domaine infirmier, ça allait vraiment à notre rythme et ça nous a beaucoup aidés à apprendre.

Qu’est-ce que tu as appris de cette expérience?

Sincèrement, j’en ai vraiment appris. En revenant, j’ai eu un choc des valeurs. Je n’ai pas vécu de choc en arrivant là-bas, mais c’est vraiment à mon retour ici que je me suis rendu compte que j’avais vraiment trop de choses inutiles. En voyage, je vivais avec deux paires de culottes et cinq camisoles et j’étais capable de vivre, alors que chez moi j’ai le garde-robe rempli et ça ne sert quasiment à rien. Pour eux, la famille est une valeur très importante, les couples ne se séparent pas comme ici et les jeunes restent chez leurs parents jusqu’à la vingtaine et même plus vieux. J’ai remarqué aussi qu’ils ont vraiment des valeurs de base, ils sont heureux avec rien, complètement rien.

Si c’était à refaire, est-ce que tu recommencerais?

Oui, c’est sûr et certain que j’y retournerais. J’ai même des projets parce que j’aimerais ça repartir là-bas pour aider encore. Je serais prête à y retourner un mois ou même deux, c’est un peu indéterminé pour l’instant, mais je serais prête à partir beaucoup plus longtemps.

 

Comment tes habitudes ont-elles changé depuis ton retour?

Je consomme beaucoup moins, surtout pour des petites choses simples. Par exemple, je fais plus attention à mon eau simplement lorsque je me brosse les dents et à mon eau chaude quand je prends ma douche. Je prends l’école plus au sérieux maintenant parce que j’ai vu qu’en (nommé nom pays), peu d’enfants peuvent aller à l’école parce que les livres coutent trop cher. Je me suis rendu compte que je suis vraiment chanceuse d’aller au cégep et que l’université me soit accessible.

 

Quels conseils de préparation donnerais-tu à quelqu’un qui veut faire ce type de voyage?

Il est certain qu’il faut connaitre la langue du pays et la culture. Comme leur langue est l’espagnol, il faut se préparer pour être capable de parler avec eux, même s’ils sont capables de parler anglais, il faut parler leur langage afin d’être capable de s’intégrer à eux. Il faut aussi vérifier quels lieux sont les plus sécuritaires et lesquels sont accessibles, comme un café, par exemple. Dans le fond, il faut bien connaitre l’endroit et se faire un itinéraire.

 

Aurais-tu un dernier mot pour finir?

J’aimerais dire que c’est vraiment un bon peuple avec de bonnes valeurs. L’argent n’est pas important et ce sont des gens très redevables. Ils remercient sans compter, même si c’est pour un service minime. Ce sont des gens très gentils. Je me promenais dans la rue et tout le monde me disait salut le matin, le midi et le soir. C’était vraiment plaisant.

 

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