Une Charte qui bouscule

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Le 10 septembre dernier, M. Bernard Drainville présentait la Charte des valeurs québécoises. Cette dernière a coloré le paysage médiatique automnal, et la conclusion de cette affaire ne se laisse pas deviner facilement. Voici donc les faits saillants des dernières semaines.

10 septembre : Réaction de l’opposition

La présentation de la Charte des valeurs québécoises a fait découvrir un nouveau mot aux Québécois : ostentatoire. Les partis de l’opposition réagissent fortement en notant que les mesures présentées seraient difficiles à appliquer, en plus de considérer comme exagéré le fait que les mesures s’appliquent à tous les fonctionnaires. La remise en doute du droit de retrait, qui ne semble pas avoir sa place selon certains, est aussi une autre préoccupation de l’opposition.

14 septembre : Manifestations dans les rues

Première manifestation contre le projet du Parti québécois : elle sera suivie de plusieurs autres manifestations, dont quelques-unes en faveur de la Charte. On commence à comprendre la complexité de l’enjeu; dans des groupes habituellement unis, il y a des séparations. Même au sein des groupes religieux il y a des discordes.

19 septembre : Coup de théâtre!

Le Devoir nous apprend le 19 septembre qu’Agnès Maltais aurait sélectionné quatre nouvelles femmes au Conseil du statut de la femme (CSF) sans en informer la présidente au préalable. Ce qui cause l’émoi est le fait que ces femmes sont toutes ouvertement pro-charte. La position sur la Charte de cette instance, défendant l’égalité homme/femme, n’était pas encore votée à ce moment. Par contre, avec les déclarations publiques des membres, on s’attendait à un vote très serré. S’en est suivi un débat médiatique pendant une dizaine de jours sur l’honnêteté des nominations de Mme Maltais et sur l’indépendance du CSF par rapport au gouvernement.

1er octobre : Des seins nus au parlement

Le dixième mois a amené avec lui une manifestation jamais vue. Trois femmes se sont dénudé le torse et ont scandé un slogan assez explicite : « Crucifix décalisse! » Ça a été l’entrée de l’organisme international Femen sur la scène médiatique québécoise. L’apparition dérangeante n’a pas eu comme seul effet de promouvoir leur mouvement, mais aussi de relever un problème, selon certains, de cohérence dans le projet de Charte des valeurs québécoises. Le crucifix, ostentatoirement placé à l’Assemblée nationale au-dessus de la chaise du président, est préservé, malgré le projet de laïcisation. Le projet gouvernemental prévoyait maintenir le crucifix pour conserver le patrimoine historique.

10 octobre : Québec Solidaire à la rescousse

Un mois après le dévoilement du projet péquiste, Québec Solidaire, présente sa Charte sur la laïcité. Une réponse à la Charte du parti au pouvoir. Les principales différences sont : d’interdire des ornements religieux à l’Assemblée nationale, d’interdire la lecture de texte religieux dans les conseils municipaux et de ne pas autoriser le port de signe religieux à ceux ayant un pouvoir coercitif (policier, juge, garde de prison, etc.).

Lien vers l’image de couverture : http://www.qualitelec.com/donnees/cms/originales/logo-charte-engagement.png.

 

Mathieu Montegiani
mathieu.montegiani.1@ulaval.ca
@IntercomMag

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