Une colonie : le malaise adolescent

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Geneviève Dulude-De-Celles, connue pour sa belle entrée dans le monde de la réalisation avec du court et efficace, offre son premier long métrage de fiction : Une Colonie. En salles depuis le 1er février 2019 et déjà présenté au Festival du cinéma de Québec, le film fascine par son authenticité et semble déjà prêt à s’exporter à l’étranger.

Si la coutume veut que l’on commence par présenter rapidement l’histoire, il faut revenir sur un point : le film est beau. Tous les plans sont bien choisis et la lumière est naturelle, les personnages évoluent librement dans l’espace qui leur est offert sans être enfermés, si ce n’est par eux-mêmes. Une colonie, c’est un documentaire informel sur le malaise adolescent.

La caméra voit ce que voit son personnage, Milya. Dans les différentes ambiances et lieux,  il est possible de tour à tour ressentir le frais des soirs d’été, la liberté d’une forêt autant que l’étouffement d’une salle comble. Tout est fait pour se mettre dans la peau du personnage : c’est un film qui parle, surtout dans ses silences.

L’œuvre est toute en transitions, parle du sujet universel de l’adolescence, sans cliché, sans exagération, mais en montrant plutôt les joies, drames et découvertes qu’elle implique.

L’histoire de la vie

Chaque personnage possède ses enjeux et une histoire qui ne demande qu’à évoluer et se construire. Parmi les principaux, il y a Milya (Émilie BIERRE), sa petite sœur Camille (Irlande CÔTÉ) et un garçon de leur village, Jimmy (Jacob WHITEDUCK-LAVOIE). Ils sont liés par l’éloignement qu’ils possèdent au reste du monde, dans une campagne hors du temps, de la mode et de l’effet de groupe. L’éloignement est physique, mais aussi mental : Jacinthe, organisatrice de partys inconditionnelle dont Milya va faire la connaissance au secondaire est de son côté plus proche de l’adolescent moderne traditionnel, très attaché à son image.

Même si la tranche d’âge diffère, leurs vies sont chamboulées par le même problème : grandir, avec tout ce que ça implique. Les deux sœurs connaissent une évolution constante dans la maison familiale avec leurs deux parents à la campagne, mais lorsqu’elles sont séparées au moment où Milya entre au secondaire, tous leurs repères se déconstruisent peu à peu.

Parler de la réalisation de Geneviève Dulude-De-Celles, c’est parler d’authenticité et d’une proximité presque affectueuse à la réalité.  Romancé sans exagération, tout est dans la justesse, surtout lorsqu’il s’agit de faire jouer de jeunes acteurs.

L’histoire d’Une colonie, c’est déconstruire pour reconstruire, créer sa propre liberté, c’est ouvrir les barrières de la découverte du monde pour le rendre beaucoup moins effrayant. Et c’est bon de voir du cinéma québécois qui se laisse vivre. Qui se fait vivre.

Un film produit par Colonelle Films, en salle depuis le 1er février.

 

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Catégorie de l'article:
CULTURE

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