Yeah, c’est bon – Dead Obies à l’Impérial

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Dead Obies, maintenant mieux connu sous l’étiquette du Big Five, ont performé les chansons de leur plus récent album DEAD. le 1er mars à l’Impérial, devant un public regroupant des fans jeunes ou moins jeunes. L’énergie ne manquait pas, comme à l’habitude, mais un petit quelque chose faisait qu’on ne retrouvait pas exactement la même atmosphère qu’avant.

Jeune Loup, Big W, ou « whatever comment tu veux l’appeler » (c’est une de ses phrases fétiches), a eu la chance inouïe de profiter de la tribune offerte par Dead Obies pour réchauffer le peu de spectateurs déjà présent dans la salle de l’Impérial. Peut-être en raison d’une consommation trop précoce avant sa prestation, Jeune Loup semblait légèrement dans les vapes. Le néophyte de la scène s’adressait directement aux personnes devant lui, événement inhabituel, mais qui peut créer un lien de proximité avec sa future fanbase. On ressentait fortement que ce jeune artiste n’était pas un habitué de la scène, demandant même à voix haute au public de le laisser parler. Toutefois, accompagné de son hype man Bbleu, le meneur du Rx Gang (collectif de rappeur Montréalais) offrait une démonstration de l’avant-garde du trap, un style niché, exploité par peu de rappeurs. Mike Shabb et Kevin Na$h seraient des noms valables de mention en lien avec ce genre (ils rappent cependant en anglais).

Pour résumer sa présence sur scène et faire la part de choses, il y avait deux points de vue. D’un côté, on ne comprenait pas trop l’univers artistique et par conséquent un sentiment de malaise se ressentait. De l’autre, l’énergie et l’aspect street rejoignaient plusieurs personnes, celles-ci scandaient « Jeune Loup » suite à son départ des projecteurs.

À l’écoute de l’extrait d’un vidéo publié sur Instagram, les youngs guns Mike Shabb, Kevin Na$h, Jeune Loup, Bbleu et Joe Rocca s’allient sur une même track. Ce dernier est produit par VNCE CARTER et Mike Shabb et on a la preuve que Jeune Loup est définitivement le précurseur d’un nouveau flow. En fait, on a l’impression que l’instrumental est conçu pour la façon de rapper de Jeune Loup et que les autres ne font que le suivre.

Le programme principal

En guise de décors scéniques, il y quatre imposants rectangles de bois gris. Dès que VNCE CARTER délivre les premières notes de son ordinateur, des images sont projetées sur ces piliers. Concept original qui rappelle toutefois la mise en scène d’un certain Loud. Mais la présence des quatre MC’s m’empêche de faire des comparaisons hâtives. On a pu assister au retour d’un flashy Joe Rocca, vêtu d’un manteau court de fourrure bleu, qui n’hésita pas à le retirer une fois que la chaleur s’empara de l’endroit. La sauce accompagne continuellement ce talentueux rappeur et tout le monde a pu en avoir la démonstration.

Snail Kid, toujours aussi énergique, souriant et rassembleur, se faisait bien entendre, même si on a presque l’impression de le chercher sur DEAD. Son verse sur « Doo Wop » avec les percussions m’a néanmoins rappelé les émotions des premiers concerts du groupe de six, à l’époque.

Ogee Rodman (anciennement OG Bear) revient en force avec non seulement le côté chanteur qui lui avait permis de rayonner sur Gesamtkunstwerk, mais aussi des couplets qui confirment la pertinence d’un MC anglophone dans le groupe.

Les tournures de phrases inattendues, mais logiques et lyriquement riches, ainsi que les rimes combinant le français et l’anglais, voilà les armes avec lesquelles 20some se sert pour kill absolument chaque moment où il utilise son micro.

Le beatmaker VNCE CARTER se permet de plus en plus de prendre la parole. En effet, après l’avoir entendu sur plusieurs hooks, comme sur « Explosif » ou encore « Shortie », on aura encore la chance d’entendre sa voix particulière.

Entre les chansons de DEAD. et quelques-uns de leurs précédents succès, le quintette a exclusivement fait entendre des nouveautés au public. L’une d’entre elles, sur la thématique de l’eau, a un refrain de VNCE CARTER. Il serait impardonnable d’oublier le travail minutieux de production du chef d’orchestre stylistique du groupe, encore bravo.

Le dix sur dix n’a pas pu être atteint, malgré une foule aussi participative que possible, en raison d’un manque de cohérence avec les sonorités de l’album. C’est-à-dire que la performance vocale des artistes, de Joe Rocca spécialement, est rudement différente de celle qu’on a pu entendre avec la version studio de l’album. L’exemple de « High » est frappant, on aurait dit deux chanteurs distincts. L’utile présence de deux choristes pour quelques titres a pu rappeler les voix ajoutées qu’on entend sur l’album.

L’écoute en avance des titres à venir est le point fort de la soirée et me donne confiance que le Big Five est en forme, hors de question qu’ils abandonnent !

Crédit des photos : Léa-Ly Roussel

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CULTURE

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